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duminică, 21 martie 2021

Jacob Vrel (1617-1681) / Liniste olandeza in nuante de brun si gri

 

Jacob Vrel, Femme à la fenêtre faisant signe à une fillette,1655, Fondation Custodia, Paris

Jacob Vrel - An Old Woman by a Fireplace - 1650s


Jacob Vrel, The Little Nurse, 1655

Jacobus Vrel

Jacobus Vrel
Image dans Infobox.
Femme à la fenêtre (1654)
Kunsthistorisches MuseumVienne
Naissance
Frise ?
Décès
Amsterdam
Nationaliténéerlandaise
Drapeau des Provinces-Unies Provinces-Unies
Activitépeintre
Lieux de travail

Jacobus Vrel ou Jacob Vrel1 (1617-1681) est un peintre néerlandais du siècle d'or. Il est connu pour ses peintures de paysages urbains et de scènes de genre.

Biographie


Il a été actif de 1554 à 1662, à Delft et à Haarlem.Peu de choses sont connues sur la vie de Jacobus Vrel. On pense qu'il est originaire de la province de Frise.

On compare souvent ses œuvres aux scènes de genre de Johannes Vermeer et Pieter de Hooch, bien qu'antérieures à celles de ces derniers. Ses tableaux représentent fréquemment des femmes, seules et d'origine modeste, dans leur intérieur, ou encore des rues citadines aux personnages anonymes, vus de dos.

On ne sait que très peu de choses à propos de Jacobus Vrel, si ce n’est qu’il a travaillé à Delft et à Haarlem, dans l’ouest des Pays-Bas - de 1654 à 1662. Il représente essentiellement des scènes d’intérieur et des vues urbaines, dont il met en avant l’humilité et la simplicité. Son style se caractérise par l’utilisation de tons monochromes ; des bruns ou des gris.

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Jacobus Vrel, Scena stradala, 1660-1670

 Jacobus Vrel (act. ca. 1650-1670), Interior with a Woman Combing a Little Girl’s Hair, The Detroit Institute of Arts, Detroit

Jacobus Vrel, " Scène d'intérieur. Femme assise près d'un foyer"

Jacobus Vrel (1617 - 1681) / Scène d’intérieur ou la Leçon de lecture
 XVIIe siècle
 Haarlem  Pays-Bas

Dans une vaste salle au plafond haut, une mère lit un livre tandis que son enfant, un petit garçon blond, l’écoute. Il a abandonné son cerceau par terre pour s’appuyer contre ses genoux. Le père est assis devant la cheminée et le chat ronronne sur une chaise.

Jacobus Vrel donne à cette scène en apparence simple une atmosphère quasiment sacrée. Ce qui intéresse le peintre, ce n’est pas l’action qui se déroule dans cet espace, mais plutôt l’ambiance paisible qui s’en dégage. Il nous présente un univers familier et clos, dans lequel règne une impression de calme et de silence. La lumière froide provenant des deux grandes fenêtres vient illuminer la scène tendre entre la mère et son fils, qui deviennent les personnages principaux. Le modeste quotidien devient source de poésie.

Jacobus Vrel a longtemps été considéré comme un « petit maître » de la peinture hollandaise. On a souvent attribué ses œuvres à d’autres artistes plus célèbres. Ce tableau en particulier a d’abord été attribué à des artistes flamands comme Isaac Koedjick, puis à Johannes Vermeer, et enfin à Pieter de Hooch. Une attribution à un de ces peintres prestigieux augmentait la valeur de l’œuvre.

Détail. C’est sans doute pour cette raison qu’un faussaire a ajouté le monogramme - les initiales – de Pieter de Hooch sur la toile. Il se trouve sur le rebord inférieur de la fenêtre…


marți, 12 ianuarie 2021

Hieronymus Bosch, 1450-1516)

 

Jérome Bosch - Visions de génie (2016)

Jos Koldeweij,Matthijs Ilsink,192 Pages

1 File ▾

https://www.academia.edu/23868952/J%C3%A9rome_Bosch_Visions_de_g%C3%A9nie_2016_?email_work_card=view-pape

 Jérôme Bosch

Triptyque de saint Antoine, vers 1500–1510. Huile sur chêne, volet gauche 144,8 × 66,5 cm;panneau central 145,1 × 132,8 cm; volet droit 144,8 × 66,7 cm. Lisbonne, Museu Nacional de Arte Antiga.



Suiveur de Jérôme Bosch, Saint Antoine, vers 1530 –1540 et après 1574Huile sur bois, 73 × 52,5 cmMadrid, Museo Nacional del Prado.

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luni, 21 decembrie 2020

Primitivii flamanzi (Renasterea nordica)

 MOUVEMENTS PICTURAUX FIGURATIFS

Les Primitifs Flamands (La Renaissance nordique)

Les primitifs flamands

Les historiens d’’art du XXe siècle ont crée le terme de « primitifs » pour désigner les artistes qui ont précédé et préparé la Renaissance. Contemporains des peintres italiens du Quattrocento, parfois désignés comme des peintres du gothique tardif ou parallèlement de la Première Renaissance. Ainsi, ce sont des peintres de la transition entre ces deux « époques » picturales : le gothique international et la Renaissance. Cette période des primitifs flamands fut également baptisée « ars nova » ou (Renaissance nordique). Ils ont assimilé les leçons de perspective géométrique mais restent fidèles au sujet gothique dans les formes grêles et élancées des personnages, la rareté du nu, et les architectures inspirées de celles du nord de l’Europe. L’’École des Primitifs flamands introduit deux nouvelles notions capitales :
1. la première grande innovation, caractérisée comme un véritable tournant de l’’histoire de l’’art, est la peinture à l’’huile découverte vers 1410 et techniquement finalisée vers 1420, permet d’’obtenir une pureté et une luminosité bien plus grandes que la détrempe, jusqu’alors essentiellement pratiquée. La peinture à l’huile permet de rendre une plus ample gamme de tons et de reproduire l’’effet de la transparence en étalant en très minces couches d’un mélange peu pigmenté appelé glacis.
2. La peinture de chevalet : est l’autre innovation de ces primitifs flamands. Celle-ci conçoit que désormais la peinture se suffit à elle-même sans un environnement particulier (comme le décor mural ou la fresque en tant que décor et ornementation). Le passage de la miniature à la peinture sur panneaux (Polyptyques, triptyques, diptyques : panneaux disposés en volets, soit fixes, soit articulés avec des charnières). La plupart des supports de ces peintures se font sur des panneaux de bois, d’une taille modeste généralement, avec quelques rares exemples de toiles peintes à la détrempe. Ces grands formats permettront d’introduire un niveau de détails jusqu’alors impossible dans les œœuvres et même d’initier le genre de la »nature morte ». Tous ces peintres ont en commun le rendu fidèle et méticuleux des intérieurs bourgeois avec fonds de paysage des Pays-Bas, ainsi que la représentation de sujets ou de messages à caractère religieux. Ils transposent volontairement le sacré dans le réel du quotidien de l’époque. A ce propos, la société de commerçants et de grands bourgeois de l’époque affectionnait particulièrement les détails de leurs peintures qui leurs étaient souvent destinées (comme les fourrures, les modelés des personnages, les décors d’intérieur…) car ils étaient moins sensibles aux valeurs humanistes qu’aux biens terrestres (voir les chef-d’œœuvres de Van Eyck « les époux Arnolfini » ou Quentin Metsys « Le Prêteur et sa femme »). Les primitifs flamands ont également créé la peinture de genre, le paysage et la nature morte.

Trois maîtres de l’Ars Nova

La révolution picturale novatrice qui s’opère dans les anciens Pays-Bas à partir des années 1420, dans une phase tout à fait parallèle à la Renaissance florentine du Quattrocento, a été baptisée « ars nova » par Erwin Panofsky en 1953, en référence au renouveau musical du XIVe siècle. Ce courant pictural témoigne par sa diffusion des liens diplomatiques et économiques comme des échanges artistiques qui unissent alors le duché de Bourgogne à l’Europe septentrionale, grâce à la circulation des peintres et des œœuvres. Elle se caractérise par un langage illusionniste qui, en rupture avec l’esthétique précieuse et sophistiquée du gotique international, instaure une vision plus immédiate du monde physique. Elle est essentiellement due à trois peintres qui en donnent, chacun, une interprétation personnelle. D’abord, Robert Campin, (vers 1375-1444), inscrit dans le système corporatif de Tournai, il traduit en peinture la puissante plasticité d’un sculpteur comme Claus Sluter. La perspective, Robert Campin la préfère plutôt imparfaite qu’absente. Ensuite, Jan van Eyck (vers 1390-1441), au service du duc de Bourgogne Philippe le Bon dès 1425 mais installé à Bruges, manifeste une approche plus contemplative qui capte la vibration lumineuse propre à chaque objet. C’est aussi une peinture qu’il souhaite la moins subjective possible, un peu à la manière de nos hyper-réalistes actuels. Enfin, Rogier van der Weyden (vers 1400-1464), installé à Bruxelles et qui devient à la mort de Jan van Eyck le peintre le plus apprécié de la cour, constitue une véritable synthèse de ses aînés, dans un registre plus dynamique. Si le premier exerce un impact essentiellement dans les villes bordant le Rhin, les deux autres profitent du rayonnement de la cour bourguignonne. Leur art, apprécié pour la technique à l’huile et le caractère minutieux de la représentation, se diffuse ainsi au fil du siècle dans les cours de l’Europe septentrionale – France, Aragon et Castille, Portugal, Italie – à travers des réseaux diplomatiques et économiques et impose son naturalisme minutieux et sa lumière subtile. De ces trois grands maîtres, c’est Van der Weyden qui exerça la plus grande influence aux Pays-Bas et à l’étranger.

Les premières bases de cet art flamand (néerlandais) furent donc entreprises par Robert Campin, ses  perspectives étaient nettement moins parfaites que celles d’un Van Eyck, par exemple. Ce dernier eut un goût permanent pour développer la technique de la peinture à l’huile lui permettant d’atteindre un « super réalisme » dans ses œœuvres. De son côté, Van Der Weyden était plus intéressé par donner de l’émotion dans des peinture principalement religieuses (cela se note aisément sur les visages de ses retables).

Contexte historique

Vers la fin du 14e siècle certains peintres adoptent un courant naturaliste avec notamment Hennequin de Bruges, dessinateur des cartons de la tapisserie de l’apocalypse d’Angers (France)  et Melchior Broederlam  d’Ypres, peintre des retables de la Chartreuse de Champmol.  La grande école européenne que constituent les «Primitifs flamands» voit le jour dans la Flandre du 15e siècle au cœoeur du riche et puissant état des ducs de Bourgogne. Constitués par Philippe le Hardi et ses successeurs, autour de la Bourgogne et des Flandres, les États Bourguignons forment un immense territoire qui s’étend de la France à l’’Empire jusqu’’en Flandre et en Brabant. Ils représentent une des plus grandes puissances européennes.
Richesse et prospérité apportent aux peintres les appuis financiers nécessaires à l’’épanouissement de leur art. La Flandre domine artistiquement dans cet état. Les peintres, à la tête de grands ateliers, véritables entreprises, travaillent au service des princes, prélats, nobles, magistrats et hommes d’’affaires parmi lesquels Georges Van der Paele, chanoine à Bruges ou le chancelier de Bourgogne Nicolas Rolin. Ces riches donateurs participent aux scènes religieuses de la Passion du Christ et de la célébration du culte de la Vierge Marie. Ils sont représentés en prière le regard tourné vers la Vierge.

Le retable (peinture religieuse)

Le retable constitue le grand domaine d’expression de cette peinture. Alors que, jusqu’à l’époque romane, la principale décoration de l’autel se trouve sur sa face antérieure, couverte par une pièce de tissu ornée, l’antependium, ou par un devant d’autel, plaque de pierre, de bois ou de métal, peinte, sculptée ou ciselée, le retable se met en place au XIIIe siècle. C’est une œœuvre peinte ou sculptée, ou les deux, qui se dresse sur l’autel et en arrière de celui-ci. Longtemps discret par ses dimensions, le retable prend de nouvelles proportions à la fin du XIVe siècle. Il devient un grand panneau, dont la partie centrale domine une prédelle, partie horizontale à la base, est entourée de volets et surmontée par une superstructure. Alors qu’en Italie le retable reste un assemblage de panneaux fixes, il est en général, dans les domaines germanique et flamand, articulé par des charnières. La forme la plus fréquente est le triptyque, deux volets peints sur leurs deux faces se rabattant sur la partie centrale. À l’aspect plus modeste du retable fermé, souvent peint en grisaille – camaïeu de gris – dans le monde flamand, s’opposent les couleurs intenses du retable ouvert, en une alternance en grande partie fondée sur les rythmes de l’année liturgique. Le retable peut intégrer de la sculpture, ronde-bosse dans la partie centrale et la prédelle, ou bas-reliefs dans les volets. Des retables plus complexes possèdent deux séries de volets, voire des volets fixes supplémentaires, permettant au moins trois présentations différentes. La peinture religieuse produit aussi des panneaux de dévotion, faits non pour surmonter un autel mais pour être accrochés sur le mur de la cellule d’un religieux, d’une chambre, d’un oratoire de seigneur ou de bourgeois.

La peinture à l’huile

Jusque là, les peintres mélangeaient leurs pigments (poudre fine provenant d’une substance minérale broyée) avec un liant à base de jaune d’œœuf pour obtenir une pâte qu’ils délayaient ensuite avec de l’eau. Cette technique, dite « a tempera » ou à la détrempe, présente l’inconvénient de sécher rapidement et donc ne permet pas les retouches. En outre, ce  médium à composante organique est sensible à l’humidité, laquelle est favorable au développement de micro-organismes qui peuvent gravement endommager l’œœuvre. Depuis des siècles on recourait à des huiles essentielles mais sans grand succès.

Les prémices de la peinture à l’huile : Un moine allemand, Théophile, qui écrivait, à la fin du Xe siècle, un livre intitulé : « De omni scientia artis pingendi », indique un procédé au moyen duquel on délayait les couleurs avec de l’huile de lin. Avec les couleurs ainsi préparées, on peignait des tableaux qu’on faisait sécher au soleil ! Vers 1410, Jean Van Eyck, le second des deux frères, ayant terminé un panneau d’après ce même procédé décrit par le moine Théophile, exposa au soleil sa peinture pour la faire sécher, mais la chaleur fendit les planches, et le tableau fut perdu. Van Eyck chercha dès-lors un moyen plus expéditif et moins dangereux de séchage à l’ombre. Il le trouva, et cela semble hors de doute que cette découverte, qui fit tant de bruit au XVe siècle, ne consista pas tant dans la substitution de l’huile à la cire ou à la colle, cette substitution ayant été faite de longue date, que dans l’emploi d’un siccatif, qui, combiné aux huiles de lin et de noix et mêlé aux couleurs, leur permettait de sécher à l’ombre en conservant leur éclat ! C’est donc, Jan Van Eyck (1390-1441) qui trouve  la recette idéale en ajoutant de l‘essence de térébenthine (désignée alors « vernis blanc de Bruges ») aux pigments liés à l’huile de lin, ce qui permettait le séchage par évaporation et sans exposition au soleil. Dans les Flandres, cette nouvelle technique de la peinture à l’huile ainsi perfectionnée, atteint un niveau inégalé dans les années 1420-1430. L’huile de lin permet de réaliser de fins glacis que l’on superpose. La lumière peut ainsi traverser une couche colorée, rouge par exemple, jusqu’à ce qu’elle rencontre une couche inférieure claire, qui la réfléchit. La lumière est alors renvoyée et le rouge est transfiguré par cette lumière qui le traverse. Ainsi, les pigments sont mélangés à de l’’huile siccative (qui active le séchage) de lin ou de noix. Ce mélange forme une couche transparente qui fixe la couleur. Cette technique nécessite généralement trois couches. Son lent séchage facilite les mélanges et sa texture permet de travailler en glacis transparent. Ces glacis sont traversés par la lumière ce qui provoque un résultat lumineux. Cette technique autorise le travail dans le détail. A noter que les artistes procèdent à des mélanges de rarement plus de trois pigments afin de conserver la pureté et l’’intensité des couleurs.  Le second quart du siècle voit un basculement vers une forme de réalisme, par un naturalisme analytique et sensible. La perspective est alors maîtrisée, ainsi que le rendu d’une lumière naturelle dont le spectateur peut discerner l’origine et qui crée des ombres portées en cohérence avec la volonté d’unification spatiale. Les œœuvres de Van Eyck sont les grands témoins de cette expression de la réalité des matières et des êtres. Le lin, la laine, le bois, le verre, le laiton, le carrelage du sol sont rendus comme tels, et à cela fait écho le traitement des personnages hors de tout idéalisme.

Un secret bien gardé !

La technique raffinée des anciens maîtres flamands, et surtout de Jan van Eyck, a très tôt suscité l’émerveillement, notamment parmi les critiques d’art italien. Giorgio Vasari, peintre florentin que l’on considère comme le fondateur de l’histoire de l’art, affirme, dans la deuxième édition (1568) de ses « Vies des meilleurs peintres, sculptures et architectes », que Van Eyck aurait inventé la peinture à l’huile. Le passage en question figure dans l’introduction à la biographie du peintre italien Antonello da Messina, peintre de l’école napolitaine (vers 1430-1479), car ses tableaux témoignent effectivement d’une étude approfondie de l’art flamand. Vasari imagine le scénario suivant : Jan van Eyck découvre par hasard que les huiles font d’excellents liants. Il dissimule soigneusement sa découverte, ne mettant que ses plus proches disciples (au nombre desquels Vasari compte Rogier van der Weyden) dans le secret. Toujours selon Vasari, Antonello se montre très curieux de ce procédé nouveau, car les Italiens pratiquaient pour leur part la peinture à la détrempe (couleurs liées à l’eau). Entreprenant le voyage jusqu’aux Pays-Bas pour tenter de percer le secret, il y sera finalement initié et introduira la peinture à l’huile en Italie, tout d’abord à Naples, ensuite à Venise.
Par peintures à l’huile, on entend des tableaux dont les pigments sont liés à l’huile. Les peintres du Moyen Age et de la Renaissance utilisaient de l’huile de noix, de lin ou d’œœillette. Les primitifs flamands procédaient de manière totalement différente des italiens : ils superposaient de fines couches de couleurs transparentes (ou glacis) en allant du plus clair au plus foncé. La couche de préparation claire reflétait ainsi la lumière à travers les couches de glacis transparentes, donnant aux tableaux cette intensité de couleur tant admirée par les contemporains. Il ne fait aucun doute que Jan van Eyck a considérablement amélioré cette technique fondée sur l’emploi de liants à l’huile. Certains maîtres italiens et espagnols, comme Antonello da Messina ou Jacomart (Valence), ont tenté d’imiter le coloris chaud et radieux des tableaux flamands et surtout de donner aux matières précieuses, pierres ou métaux, l’illusion du réel. Eux aussi utilisèrent de fins glacis à l’huile, mais sans procéder systématiquement du plus clair au plus foncé. Les tableaux d’Antonello da Messina ressemblent particulièrement à ceux des maîtres flamands, néanmoins, il apparaît clairement que sa technique du glacis était différente.

 L’art du portrait

Le portrait suscite l’’enthousiasme des commanditaires italiens du XVe siècle. A cette époque, le respect et la fidélité aux apparences était une préoccupation essentielle. Même si le portrait fusse connu depuis l’’Antiquité en Italie, cette région resta à la traîne par rapport au développement du portrait au Nord des Alpes. En Italie, les portraits étaient moins raffinés, moins réalistes. Les Italiens commandaient leurs portraits aux artistes flamands. Les portraits sont de vrais portraits, un même personnage se reconnaît d’un tableau à un autre et, les traits comme les défauts d’un visage sont rendus sans complaisance.
Vers 1430, les peintres flamands abandonnent le portrait de profil, comme pratiqué dans toute l’’Europe depuis le XIVe siècle. Ils se tournent vers une vue du portrait de ¾ révélant une grande partie du visage et montrant la structure en volume de l’’anatomie du visage (le ¾ fait son apparition en Italie après 1470). Souvent, les mains sont intégrées dans le portrait ce qui accentue la présence du personnage (lui donne plus de corps). L’’illusion du réel est produite par l’’éclairage réaliste, le rendu des textures autorisé par la technique de la peinture à l’’huile (l’’Italie, pratiquant encore la tempera, limitée dans les nuances, continue à pratiquer le portrait bidimensionnel de profil). Cette sensation de réel est accrue par l’intégration de décors naturels, de « trompe l’œ’œil ».

Les thèmes et les signes de reconnaissance

La peinture flamande de cette période est marquée par l’’introduction ou l’’expansion d’’autres genres profanes, la peinture morale en fait partie. Les artistes du Nord dévots et moralisateurs utilisent la peinture pour dénoncer les vices de l’’humanité ou rappeler que tout a une fin dans ce bas monde par le biais d’’images de mort.
Ces œœuvres s’’inscrivent dans le prolongement d’’une vieille tradition médiévale littéraire et iconographique. Aussi trouve-t-on plus aisément des thèmes correspondants à la conception médiévale des péchés capitaux : l’’avarice, la luxure, la cupidité, la gourmandise et la concupiscence et cette verve satyrique moralisatrice que l’’on retrouve également dans l’œ’œuvre de Jérôme Bosch.

Les peintres flamands et le commerce des œœuvres de l’ars nova ».

Pour les marchands locaux ou étrangers de Bruges comme pour les artisans organisés en confréries, l’art était le mode privilégié d’expression d’un rang social élevé. Même les prestigieux retables de Hans Memling ou de Hugo van der Goes, commandés par Angelo Tani et Tommasso Portinari (l’un et l’autre représentants de la banque Médicis à Bruges) pour leurs chapelles respectives dans leur lointaine patrie, semblent avoir eut une fonction représentative. Parallèlement, l’art devient aussi un produit d’exportation. Vers 1450, on assiste à l’expansion du marché de l’art qui nécessite dès lors une réglementation corporative. Des agents et intermédiaires actifs aux Pays-Bas, proposaient aux cours méditerranéennes des œœuvres d’art remarquables et de grande valeur. C’est ainsi que fut envoyé à Alfonso V, à Naples, en 1444-1445, un saint Georges de la main de Jan van Eyck, « lo gran pintor del illustre duch de Burgunya ». Tableau que le négociant valencien Gregori avait acheté, à la demande du roi, pour une très grosse somme à Bruges lors d’une vente publique. Répertoriés aussi bien dans des testaments flamands que dans les inventaires italiens, ces toiles aux sujets tantôt religieux tantôt profanes étaient manifestement destinées entre autres à l’exportation vers le Sud (l’Espagne et l’Italie), où elles servaient de décoration murale. À la fin du XVe et au début du XVIe siècle, la production anversoise vivait principalement de l’exportation de retables à volets fabriqués conjointement par plusieurs ateliers. Sur la péninsule Ibérique, le développement du marché de l’art dans le Nord et le centre de l’Espagne, était favorisé entre autres par les exonérations fiscales qu’Isabelle de Castille accordait aux artistes étrangers, originaires pour la plupart des Pays-Bas ou d’Allemagne, s’installant en Espagne. Tel est le cas du peintre Juan de Flandes.

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 Les peintres « primitifs flamands » les plus représentatifs

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  • Jan van Eyck  (1390-1441) En 1422, il devint le peintre de Jean de Bavière, duc de Bavière-Straubing, à La Haye, puis peintre de Cour en 1424. En 1425, à la mort de Jean de Bavière, Van Eyck se rendra à Bruges et deviendra le peintre de Cour de Philippe Le Bon. L’artiste effectuera plusieurs voyages à Lille, puis en Italie et probablement en Terre Sainte et plusieurs autres voyages secrets pour le compte de Philippe Le Bon. Lors de la fête de Saint-Luc, Van Eyck participa à un banquet de la corporation des peintres à Tournai, ou se trouvèrent également, Robert Campin et Rogier van der Weyden.
    En 1428 et 1429, le peintre se rendra au Portugal et en Espagne, et sera chargé de négocier le mariage de Philippe Le Bon avec Isabelle de Portugal, Van Eyck réalisera deux portraits de la jeune fille et les enverra au prétendant. A son retour Van Eyck débute son grand chef-d’œuvre le retable de l’Adoration de l’Agneau mystique qui sera exposé et consacré le 6 mai 1432 à la cathédrale Saint-Bavon (ancienne église Saint-Jean) à Gand. Ce rétable est d’ailleurs toujours visible en la cathédrale de Gand près de Bruges.
    Le grand apport qu’il procure à la peinture à l’huile (peu pratiquée jusqu’alors) fut la découverte de la recette idéale permettant son exploitation véritable par les artistes, ceci en ajoutant de l‘essence de térébenthine aux pigments liés à l’huile de lin, ce qui permettait le séchage par évaporation et sans exposition au soleil. C’est donc, cette technique que Van Eyck perfectionne, permettant par la précision des détails les plus raffinés l’’exceptionnel développement du portrait. Sa technique picturale est basée sur l’’exploitation de la réflexion simultanée de la lumière sur la préparation blanche du support : la blancheur et le poli de la préparation reflètent la lumière. Van Eyck utilise un jeu de glacis : les ombres sont créées par la superposition de nombreuses couches de glacis qui assurent la profondeur du modelé et le rendu du volume. Ainsi la couche picturale sera plus mince sur les zones claires, dans les carnations, et plus épaisse dans les zones foncées, tels les drapés rouges où l’on obtient le maximum de saturation chromatique.

les époux Arnolfini 1434

Les époux Arnolfini 1434
La femme n’est pas enceinte, il s’agit d’une mode de l’époque qui faisait que les robes se portaient très hautes en taille et amples. Dans le miroir, nous voyons de dos les époux, puis le peintre s’est représenté en second plan (l’inscription nous en donne la confirmation « Jan Van Eyck fut ici ») la quatrième personne supposée c’est l’observateur (nous).

Marie mère de Dieu détail (agneau mystique) van Eyck


Marie mère de Dieu (détail du majestueux retable Adoration de l’Agneau mystique). L’agneau mystique représente en fait symboliquement Jésus qui donne son sang et juste au dessus se trouve la représentation charnelle de Dieu.

La vierge et le chancelier Rollin


« La vierge du chancelier Rolin » Jan Van EYCK, format : 66cm * 62cm !
Dans cette œuvre, on constate que les primitifs flamands se souciaient bien plus de l’effet de profondeur que leurs rivaux italiens du quattrocento. Le thème, le Duc de Bourgogne face à une vision : la vierge couronnée par un ange et l’enfant Jésus.

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  • Rogier van der Weyden (1400-1464) Nommé également (Roger de la Pasture) (1399 ou 1400-1464) était un peintre flamand. En 1432, il devint maître de la guilde de Tournai et, en 1435, il fut nommé peintre de la ville de Bruxelles. Il devint alors rapidement célèbre et reçut d’importantes commandes, notamment du chancelier N. Rolin. Il se rendit en Italie en 1450.
    Aucune œœuvre de Rogier Van der Weyden n’est documentée, elles ne sont ni datées, ni signées. Son œoeuvre a été reconstituée par les historiens de l’art. Les tentatives de la classer par ordre chronologique ou d’en esquisser une évolution stylistique sont purement hypothétiques. L’émotion forte et l’attendrissement sont deux caractéristiques typiques de sa peinture. Artiste gothique, il était imprégné de ses propres fautes et s’adressait au Rédempteur et à la Vierge. Ses sujets préférés sont la Vierge et L’enfant (sur bois), les scènes bouleversantes du calvaire du Christ et du jugement dernier. Pour donner forme à ses profondes convictions religieuses, il est retourné au style du 14ème siècle, auquel il a conféré une nouvelle vigueur en utilisant avec sobriété des techniques qu’il connaissait de Jan Van Eyck. Cela se perçoit clairement dans trois de ses plus belles œuvres : la très dramatique Descente de Croix datant de 1435, le petit triptyque Braque qui est au Louvre de Paris et le grand retable de l’Hôtel-Dieu à Beaune, le Jugement dernier de 1445 fait pour Nicolas Rolin.
    Outre ces chefs-d’œœuvre, des œœuvres de Van der Weyden peuvent être admirées dans différents musées, tels que le Musée des Beaux-Arts d’Anvers (Les Sept Sacrements et Portrait de Philippe Ier de Croy), le Musée d’État de Berlin-Ouest (Naissance du Christ), le Museum of Fine Arts de Boston (St-Luc peignant la Vierge), le Musée royal des Beaux-Arts de Bruxelles (Piéta), le Musée des Beaux-Arts de Caen (Diptyque à la Vierge), le Musée des Beaux-Arts de Tournai (la Vierge et l’Enfant avec Jean de Gros), le Mauritshuis de La Haye (Lamentation avec Pierre de Ranchicourt), la Pinacothèque de Munich (Adoration des Mages), le Metropolitan Museum de New York (Annonciation et Méliaduse d’Este).

déposition 1435


Déposition 1435

portrait de femme 1464


portrait-de-femme-1464

Rogier van der Weyden "Portret_van_een_Vrouw 1435


Portret_van_een_Vrouw-1435

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  • Robert Campin  (1375-1444) Sa première apparition en tant que peintre se situe à Tournai où plusieurs acquisitions immobilières sont à son nom, ce qui dénote une certaine réussite matérielle. Entre 1418 et 1432, il devient chef d’atelier à Tournai et a comme élève Rogier van der Weyden. Il y rencontre probablement Jan van Eyck durant ses visites dans cette ville. Il va par la suite s’engager intellectuellement du côté des Français contre les pro-Bourguignons, ce qui lui occasionne plusieurs condamnations en justice.
    Ses œœuvres :
    L’analyse de son œœuvre est rendue excessivement difficile par l’absence totale de tableau signé de son nom et par la notion de travail d’atelier : l’artiste commence une peinture qui est achevée par ses élèves et n’hésite pas à en faire des copies de sa main ou par d’autres personnes. De plus, Robert Campin est le peintre qui paraît être le plus prompt à avoir été Maître de Flémalle, cependant la véritable identité reste pour le moins assez obscure. En effet beaucoup d’autres artistes de l’époque auraient pu incarner ce mystérieux personnage. L’attribution est donc sujette à caution et repose sur des arguments chronologiques (un seul tableau est daté), géographiques et stylistiques.
    Campin reste cependant le grand précurseur de la peinture de la renaissance flamande où apparaissent des représentations réalistes et non plus symboliques de personnages, de décors ou d’objets. L’irruption de la vie réelle dans des œœuvres à thématique sacrée est totalement neuve pour l’époque : sages-femmes dans la nativité du musée de Dijon, intérieur bourgeois dans la vierge à la cheminée (musée de l’Ermitage) ou dans le triptyque de l’annonciation conservé à New York.
    Ce « réalisme » entraîne progressivement la disparition de certains symboles religieux : fonds dorés ou auréole et on passe successivement d’une nativité sur une « scène qu’aucun spectateur n’aurait pu jamais voir » à une annonciation « dans un espace théoriquement visible et néanmoins assez abstrait », enfin, à une Sainte Barbe « dont chacun d’entre nous pourrait s’imaginer en spectateur » (Tzvetan Todorov).
    Il fit un certain nombre de portraits (dont deux sont visibles à la National Gallery à Londres), figés de trois-quart, les visages remplissant l’essentiel du cadre, et qui sont les premiers à prendre en modèle des notables locaux, témoins de « l’irruption triomphante de l’individu » (Tzvetan Todorov).

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The-Virgin-and-Child-in-an-Interior-1440

Sainte Véronica 1410


Sainte-Veronica-1410

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Portrait-of-WomanWood-1430

Sainte Barbe Robert Campin 1438

Sainte Barbe de Robert Campin 1438
Sainte Barbe est représentée lisant près d’une cheminée, dans une riche demeure. L’élément secret permettant de l’identifier se trouve derrière la fenêtre ouverte sur le paysage, par laquelle on peut voir la tour, attribut habituel de la sainte.
Huile sur bois de chêne 101 cm * 47 cm.

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Autres peintres importants de cette école flamande

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  • Barthélemy d’Eyck

  • Né à Gand. Membre de la ghilde de Saint-Luc à Gand, est reçu franc maître (titre décerné à un artisan après son apprentissage) en mai 1467 et assume la charge de doyen en 1474-1475. Peu de temps après, il se retire dans le couvent de Rouge-Cloître, près de Bruxelles, en qualité de frère lai (moine dont la vocation est de rester laïque sans accéder aux ordres sacrés) où il continua son métier de peintre et reçut de nombreuses commandes. Il est atteint de troubles psychiques vers 1480 mais continue de travailler jusqu’à la fin de sa vie. Grande influence artistique auprès des peintres bruxellois de la fin du XVe siècle, notamment Colijn de Coter (1455?-1539?).

  • Geertgen tot Sint Jans

  • Hans Memling

  • Né à Baarle-Hertog. Travaille dans l’atelier de Jan van Eyck jusqu’au décès de ce dernier (1441). Il est mentionné à Bruges à partir de 1444.

  • Originaire d’Haarlem, il exerça son activité à Louvain. Peintre fortement marqué par l’influence de R. van der Weyden et de Petrus Christus, et continuateur de Jan Van Eyck pour sa peinture narrative, l’inclusion de ses personnages dans un espace ambiant et non devant un décor. Auteur de compositions religieuses et de portraits.

  • Né à Oudewater. Est reçu maître à Bruges en 1484, il y fit toute sa carrière. Il emprunte souvent des schémas de composition à ses aînés : Van der Goes et D. Bouts principalement. Peintre de compositions religieuses, de portraits, de paysages, et également miniaturiste.

  • Albert van Ouwater

  • (1466 ?-1530) Est considéré comme le dernier des grands peintres « Primitifs flamands », il est le peintre anversois le plus important du premier quart du XVIe siècle. En 1491-1492, il est inscrit aux registres de la ghilde de Saint-Luc à Anvers. Peintre de portraits, d’œuvres religieuses et d’œuvres satiriques. Le plus souvent ses tableaux ont un but didactique, notamment dans les tableaux « profanes » (Le banquier et sa femme, 1514, Paris, Musée du Louvre). Grande parenté de son œuvre avec celle de Léonard de Vinci (1452-1519), notamment dans l’utilisation du « sfumato » ainsi que dans des motifs ou des schémas entiers de compositions empruntés sans détour, on parle de « citations » ; de même l’utilisation de couleurs pastel douces (utilisées par de nombreux peintres italiens) laisse penser à un probable voyage en Italie, voire en France, sans preuve cependant.

    Liens intéressants :

    http://www.flickriver.com/photos/mazanto/sets/72157657676091273/

joi, 29 octombrie 2020

rubens

 


Le Massacre des Innocents (Rubens)

Le Massacre des Innocents
Peter Paul Rubens Massacre of the Innocents.jpg
ArtistePierre Paul Rubens
Date1611–12
TypePeinture sur bois
TechniquePeinture
Dimensions (H × L)142 × 182 cm
PropriétaireKenneth Thomson Collection
LocalisationMusée des beaux-arts de l'OntarioToronto (Canada)
Le Massacre des Innocents
The Massacre of the Innocents by Rubens (1638) - Alte Pinakothek - Munich - Germany 2017.jpg
ArtistePierre Paul Rubens
DateEntre 1636 et 1638
TypePeinture sur bois
TechniquePeinture
Dimensions (H × L)199 × 302 cm
LocalisationAlte Pinakothek

Le Massacre des Innocents est le nom et le sujet de deux peintures de Pierre Paul Rubens représentant l'épisode biblique du massacre des Innocents à Bethlehem, tel qu'il est décrit dans l'Évangile selon Matthieu.

Le chef-d'œuvre perdu[modifier | modifier le code]

La première version peinte par Rubens date de 1611–12. Au xviie siècle, l'œuvre faisait partie de la collection du Liechtenstein Museum à Vienne en Autriche, avec un autre chef-d'œuvre de Rubens, Samson et Dalila. En 1767, le peintre Vincenzio Fanti omit l'œuvre de Rubens de son catalogue du Liechtenstein Museum, puis il fut attribué à l'un des assistants de Rubens, le peintre flamand Jan van den Hoecke. Le tableau est resté dans le musée jusqu'en 1920 lorsqu'une famille autrichienne en fit l'acquisition. Il fut ensuite prêté en 1923 au Stift Reichersberg, un monastère Augustins du nord de l'Autriche.

En 2001, l'expert en peinture flamande et allemande, George Gordon, vit le tableau lors d'une vente chez Sotheby's à Londres. Alors qu'il n'était tenu jusque-là que pour le travail d'un élève de Rubens, cet expert fut persuadé qu'il s'agissait bien d'une œuvre du maître lui-même en raison de la similarité de ses caractéristiques et de son style avec le tableau Samson et Delilah que Rubens réalisé à la même période. L'œuvre fut vendu lors de la vente aux enchères de Sotheby's, le  pour 49,5 millions de livres sterling, soit environ 62,5 millions d'euros1, à un homme d'affaires et collectionneur d'art canadien, Kenneth Thomson. Il s'agissait à l'époque du plus cher tableau ancien jamais vendu aux enchères2.

Après la vente, l'œuvre fut prêtée à la National Gallery pendant un certain temps puis, en 2008, elle fut transférée au Musée des beaux-arts de l'Ontario à Toronto à laquelle Kenneth Thomson fit donation du tableau3.

Analyse[modifier | modifier le code]

Le tableau montre la mise à mort des enfants juifs sur les ordres du roi Hérode, désireux d'empêcher l'avènement du Messie. Rubens peint les assassins qui piétinent et poignardent les enfants et leurs mères de manière cruelle mais aussi sensuelle. Il dépeint ce crime atroce comme une fête galante ou une chasse au fauve, montrant ainsi sa maîtrise du dessin, de la composition et du coloris.

Cette œuvre est généralement considérée comme la démonstration de l'apprentissage et de l'enseignement artistique que Rubens tira de son voyage en Italie entre 1600 et 1608, où il observa le travail des peintres italiens baroques comme Le Caravage. Ces influences sont visibles dans ce tableau par le drame pur et le dynamisme émotionnel de la scène, ainsi que la richesse des couleurs. L'œuvre met également en évidence l'utilisation de la technique du clair-obscur.

Version ultérieure[modifier | modifier le code]

À la fin de sa vie, entre 1636 et 1638, Rubens réalisa une seconde version du Massacre des Innocents. Le tableau fut acquis par l'Alte Pinakothek de Munich en 1706, où il est exposé aujourd'hui encore4.

Une copie de cette seconde version a été réalisée sous forme d'estampe par le peintre Paulus Pontius en 1643.

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Massacre of the Innocents (Rubens)

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Peter Paul RubensMassacre of the Innocents, 1611–12 (Art Gallery of Ontario), lost and later rediscovered.
Peter Paul RubensMassacre of the Innocents, 1636–1638 (Alte Pinakothek).

The Massacre of the Innocents is the subject of two paintings by Peter Paul Rubens depicting the episode of the biblical Massacre of the Innocents of Bethlehem, as related in the Gospel of Matthew (2:13-18). The first, measuring 142 x 182 cm, was painted after his return to his native Antwerp in 1608, following eight years spent in Italy.[1]

The lost painting[edit]

The workshop copy in Brussels

The first version painted by Rubens dates from around 1611–12.[2][3] At the end of the seventeenth century, the painting became part of the Liechtenstein Collection in ViennaAustria, along with another Rubens painting, Samson and Delilah. The Forchondt brothers sold both paintings to Hans-Adam I, Prince of Liechtenstein whom they knew through his father Karl Eusebius, Prince of Liechtenstein around 1700.[4] The paintings were given the Liechtenstein family seal and are recorded in the collection until the 19th century, where drawings in 1815 show they hung side by side in the Garden Palace in Vienna.[4]

After being catalogued by Vincenzio Fanti as a Franciscus de Neve (II) in 1767,[5] the Massacre was attributed in an anonymous inventory of the Liechtenstein Collection dated 1780 to one of Rubens' assistants, Jan van den Hoeckeafter Rubens. Under that attribution it remained until it was sold to an Austrian family in 1920. It was subsequently loaned in 1923 to Stift Reichersberg, a monastery in northern Austria.

In 2001, the painting was seen by George Gordon, an expert in Flemish and Dutch paintings at Sotheby's in London. He was persuaded that it was indeed a Rubens by its similar characteristics and style to the Samson and Delilah painted around the same time. The work was sold at auction at Sotheby's, London on July 10, 2002 for £49.5 million (C$117 million)[6][7] to Canadian businessman and art collector Kenneth Thomson, 2nd Baron Thomson of Fleet.

Following the auction the painting was loaned to the National Gallery, London for a period before its transfer in 2008 to the Art Gallery of Ontario in Toronto, to whom Thomson had donated it, and which was undergoing a major rebuilding and expansion during those years.[8]

The composition was already known from what is now seen as a copy by Rubens' workshop. This was bought in 1902 by the Royal Museums of Fine Arts of Belgium in Brussels as a work by Antoon Sallaert.

Analysis[edit]

It is widely regarded as a demonstration of the artist's learnings from his time spent in Italy between 1600 and 1608, where he observed first-hand the works of Italian Baroque painters like Caravaggio. These influences are seen in this painting through the sheer drama and emotive dynamism of the scene, as well as the rich colour. There is also evidence of the use of chiaroscuro. He also used écorché figures - anatomical statues with the skin[9] removed-to study how the body was made.

Context[edit]

Version at the RubenshuisAntwerpen

At the time of Rubens' first painting on the subject Antwerp had been involved in warfare only a few years before- a conflict temporarily frozen by the truce of 1609. In one year alone over 8,000 citizens had been killed by Calvinists and Catholics alike as the Spanish forces ruling the Netherlands sought to repel Protestant armies. Massacres were a reality in Antwerp; 160 kilometres (100 mi) north of the city the Protestant rebel leader Prince Mauritz commissioned Cornelis van Haarlem to paint the same scene for Haarlem's town hall,- propaganda intended to tell of Spanish atrocities against the Dutch people. Antwerp however remained a Catholic stronghold and became a leading centre of Counter Reformation thought.[10]

Later version[edit]

Towards the end of his life, between 1636 and 1638, Rubens painted a second version of the Massacre of the Innocents.[11] This version was acquired by the Alte PinakothekMunich by 1706, where it remains.[12]

A copy of this later version was made as an engraving in 1643 by Paulus Pontius.[13]

HOME / LA MAISON RUBENS EXPOSE DEUX CHEFS D’ŒUVRE DE JEUNESSE DE RUBENS ET VAN DYCK
LA MAISON RUBENS EXPOSE DEUX CHEFS D’ŒUVRE DE JEUNESSE DE RUBENS ET VAN DYCK
Le Massacre des Innocents à Bethléem et un portrait de l’apôtre Mathieu
La Maison Rubens expose cet automne deux prêts exceptionnels. Le Massacre des Innocents à Bethléem, une œuvre de jeunesse de Rubens (1577-1640) et le Rubens le plus cher au monde, peut être admiré à la Maison Rubens à partir du 26 septembre. Le musée expose également une œuvre de jeunesse d’Antoine van Dyck (1599-1641), l’élève le plus doué de Rubens. La Fondation Roi Baudouin lui a confié ce portrait de Mathieu en prêt permanent. C’est le seul panneau de la célèbre Série Böhler dans une collection publique belge.
Rubens: le Massacre des Innocents
Le monumental Massacre des Innocents de Rubens, une des pièces maîtresses du musée canadien The Art Gallery of Ontario, revient pour un temps sur le site où il a été peint. Il s’agit d’une œuvre de jeunesse de Rubens qui est rapidement entrée dans de prestigieuses collections. On l’avait attribuée à divers maîtres depuis le 18e siècle, mais en 2001, des spécialistes ont clairement identifié la main de Rubens dans le style baroque. La nouvelle de la découverte d’un tableau de Rubens a fait le tour du monde et l’œuvre d’art a été vendue en vente. Sa mise aux enchères chez Sotheby’s en 2002 a atteint le prix record de 49,50 millions de livres sterling. Le Massacre des Innocents devenait ainsi le tableau du maître le plus cher de tous les temps. Il fut acheté par l’homme d’affaires et collectionneur canadien Ken Thomson, qui en fit don à la Art Gallery of Ontario. La toile n’avait pas encore voyagé depuis son arrivée au musée de Toronto en 2008. Le Massacre des Innocents est encore à ce jour le tableau le plus cher de Rubens.
Peter Paul Rubens, De Kindermoord in Bethlehem, The Thomson Collection at the Art Gallery of Ontario © Art Gallery of Ontario
Scène biblique
Le tableau évoque un épisode de la Bible, le moment où le roi Hérode apprend la naissance de Jésus. Un oracle lui ayant prédit qu’un nouveau roi naîtrait à Bethléem, il fait tuer tous les garçons de moins de deux ans. Les parents de Jésus fuient en Egypte et l’Enfant Jésus échappe ainsi à un sort cruel. Le massacre des innocents était un thème populaire dans la peinture. Les artistes de la Renaissance en particulier étaient fascinés par l’Antiquité et reproduisirent souvent cet épisode de la Bible.
Références à l’Antiquité et à la Renaissance
Rubens produisit sa version de l’épisode biblique vers 1610, peu après son retour d’Italie. La scène déborde de dramatisme et de violence et les nombreuses références à l’art antique et à la Renaissance italienne démontrent que le jeune Rubens a déjà toutes les qualités d’un peintre érudit. Rubens s’inspire par exemple pour la mère accroupie de la Vénus antique dans la collection de la famille Gonzague à Mantoue, où il a étudié à la Cour. Le soldat levant son glaive pour transpercer une vieille femme au centre de la composition est emprunté aux Lutteurs, une statue que Rubens a vu à la Villa Médicis à Rome. Le soldat dont la jeune femme à demi-nue tente d’arracher les yeux est emprunté au célèbre groupe du Laocoon, dont Rubens fit un croquis en 1602 lors de sa visite des collections papales au Vatican. Les corps blêmes des enfants massacrés montrent de grandes similitudes avec le marbre de trois putti endormis que Rubens avait vu à Rome à la Villa Borghèse.
Sa connaissance de l’art de la Renaissance italienne est tout aussi manifeste. Rubens s’est inspiré du Christ de Michel-Ange sur sa toile de la Résurrection pour les traits du soldat sur le point de massacrer un enfant à droite. Mais alors que le Christ de Michel-Ange triomphe de la mort, le soldat de Rubens en est l’instrument. La plus célèbre représentation du massacre des innocents à l’époque de Rubens était sans doute une gravure de Marcantonio Raimondi d’une œuvre de Raphaël. En comparaison avec la gracieuse composition de Raphaël, l’interprétation de Rubens est plus réaliste et donc plus tragique. Il semble que Rubens ait également puisé chez les maîtres d’Anvers. La composition diagonale de l’architecture à l’arrière-plan montre des similitudes avec celles du peintre anversois Frans Floris.
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Étude d’une œuvre : Le Massacre des Innocents, Nicolas Poussin

Étude d’une œuvre : Le Massacre des Innocents, Nicolas Poussin
Nicolas Poussin, Le Massacre des Innocents, vers 1625, huile sur toile, 147 x 171 cm - Chantilly, musée Condé. © Presse RMN

Après un an de restauration, en 2016, le chef-d’œuvre de Nicolas Poussin, débarrassé de ses vernis blanchis, a regagné sa cimaise au musée Condé de Chantilly, où il fait l’objet d’une exposition.

C’est une œuvre à part dans la production du peintre, une œuvre unique, pourrait-on dire, à caractère « expérimental ». Elle est datée par le spécialiste Pierre Rosenberg de 1627-1628, soit la période où l’artiste, arrivé à Rome en 1624 (où il passera le reste de sa vie, hormis un passage à Paris de 1640 à 1642), tente de s’imposer sur la scène artistique romaine. Avec succès, puisque, dès 1628, il décroche la commande d’un grand retable pour la basilique Saint-Pierre, honneur suprême pour un peintre ! Notre tableau, quant à lui, fut commandé par le marquis Vincenzo Giustiniani pour le décor de son palais romain. Le choix du thème repose sans doute sur des raisons personnelles : en 1564, vingt jeunes gens de la famille Giustiniani avaient été enlevés, convertis de force et, pour certains, tués par les Ottomans. La collection du marquis comptait un autre grand Massacre des Innocents, dû à Cornelisz Schut, ce qui démontre bien l’importance que le sujet revêtait à ses yeux. Giustiniani était un grand collectionneur, il possédait des œuvres de Caravage. Peindre un tableau pour lui, c’était s’exposer aux yeux des cercles d’amateurs les plus éclairés ; l’enjeu était important et nul doute que Poussin ait voulu ici prouver ses capacités d’invention.