Se afișează postările cu eticheta arta italiana. Afișați toate postările
Se afișează postările cu eticheta arta italiana. Afișați toate postările

marți, 24 noiembrie 2020

Allegoria ed Effetti del Buono e Cattivo Governo) / Siena

 Buna si proasta carmuire / Siena / 

Allégorie et effets du Bon et du Mauvais Gouvernement (en italien Allegoria ed Effetti del Buono e Cattivo Governo) est un ensemble de fresques d'Ambrogio Lorenzetti placées sur les murs de la Sala dei Nove (la salle des Neuf) ou Sala della Pace (salle de la Paix) du Palazzo Pubblico de Sienne.


Ambrogio Lorenzetti, Allegoria del Buon Governo, 1337-1340, Palazzo Pubblico, Siena

Au sommet d'un arbre, la Sagesse tient ouvert le livre biblique ; l'arbre supporte, soutenu par deux de ses branches, les plateaux de la Justice, l'un couronne le juste, l'autre décapite le réprouvé. Une corde passant par le plateau du juste, passe ensuite entre les mains de la Concorde, équipée d'un rabot pour aplanir les disputes, passe ensuite entre les mains des membres du gouvernement des Vingt-Quatre, pour finir entre les mains d'un grand vieillard barbu vêtu des couleurs de la ville (noir et blanc), le Bien commun. Situées de part et d'autre de celui-ci pour le guider, ses conseillères et les Vertus théologales (Foi, Charité et Espérance) qui planent au-dessus de lui, et des quatre Vertus cardinales (Courage, Prudence, Tempérance et Justice) assises à côté de lui avec la Paix, vêtue de blanc, allongée sur un lit posé sur un amoncellement d'armes, le front ceint d'une couronne d'olivier et avec un rameau d'olivier dans la main, ses symboles. À son côté est assise la Force d'âme, armée d'une massue et d'un bouclier, pour la fermeté des soldats et fantassins que l'on trouve à ses pieds. Des hommes en armes protègent les citoyens et un groupe de prisonniers ligotés montre l'action des lois et de la justice. Deux nobles à genoux offrent leurs châteaux à la Commune, en faveur de l’État siennois.

   Effets du Mauvais Gouvernement dans la ville - détail

   Effets du Mauvais Gouvernement dans la ville - détail

Au centre d'une longue tribune figure Tyrannia, sous un aspect démoniaque, qui tient prisonnière la Justice à ses pieds, et au-dessus de laquelle planent trois femmes maléfiques: Avaritia, l'Avarice, une vieille femme avec des ailes de chauve-souris; Superbia, l'Orgueil, l'épée dégainée et le joug de travers, et Vanagloria, la Vaine gloire, qui se complaît dans un miroir. Cette dernière remplace la Luxure traditionnellement5 représentée. En dérivent la Misère, les abus, la Destruction et la Famine. Le seul artisan est le forgeron qui fabrique les armes. À l'époque où cette fresque fut commandée, Sienne était en proie à la famine, à la mort et aux insurrections.

=================================================================              

Allégorie et effets du Bon Gouvernement ou l'autre façon de penser nos communs

La pandémie actuelle met notre monde à l’épreuve du réel, de la nécessité, de l’essentiel. Elle produit une secousse dans nos imaginaires et nos luttes, mais ne doit pas être un choc économique de plus pour l'avenir du monde. L'inspiration viendrait-elle des peintures Ambrogio Lorenzetti qui proposait déjà en son siècle un monde solidaire et juste fondé sur le partage des richesses naturelles ?

"L'allégorie et les effets du Bon et du Mauvais Gouvernement" est un dispositif mural peint par Ambrogio Lorenzetti entre 1338 et 1340, dans le Palais Communal de Sienne. L'oeuvre gigantesque et complexe se déploie comme un immense triptyque autour de l’allégorie de la Justice et de son modèle de gouvernance participative à conquérir, dont les effets positifs ou néfastes sont représentés de part et d'autre de la scène centrale. L'ensemble monumental visant à promouvoir les valeurs du « Gouvernement des Neuf », qui dirigea la République de Sienne entre 1287 et 1355.

Effets du Bon Gouvernement sur la ville © Ambrogio LorenzettiEffets du Bon Gouvernement sur la ville © Ambrogio Lorenzetti
Élus pour deux mois à l’issue d’une procédure complexe destinée à empêcher l’enracinement oligarchique, les « Neuf » formaient l’exécutif de la République communale de Sienne. Dans les actes officiels, ils étaient désignés sous l’appellation de « gouverneurs et défenseurs de la commune et du peuple ». Entendons par là qu’ils défendaient l’équilibre politique d’un régime de compromis dont l’assise sociale était élargie à l’ensemble du peuple afin de se substituer aux idées de l'aristocratie. Commandée par l'une des premières formes de gouvernement, pas encore démocratique mais déjà collective, cette fresque de Lorenzetti prend donc place dans le contexte de l'Italie communale et fragmentée du Moyen Age où les villes s'affrontent dans des guerres de territoires fratricides. Et pour la première fois dans l'histoire de la peinture, le maître fait du paysage le sujet narratif d’une réflexion philosophique où l'œuvre devient l'objet d'un programme politique. Au centre, Lorenzetti a représenté l'allégorie du “Bon gouvernement”, sorte de tribune où siègent les Neuf sages qui délibèrent et rendent Justice dans la transparence. Du côté droit, le peintre propose sa vision des “effets du Bon gouvernement” dans une ville idéale, affairée et prospère, entourée d'une campagne nourricière, verdoyante et pleine d'activité. De l'autre côté, le peintre évoque a contrario les “effets du Mauvais gouvernement”, où l'on constate que la violence détruit tout espoir de vie harmonieuse dans une contrée en proie à la désolation et aux flammes tandis que seul le forgeron travaille encore à produire des armes. Les pans de murs se font ainsi écho et présentent une ville en différents moments de son développement durable ou de son déclin possible... 

Effets du Bon Gouvernement sur la ville © Ambrogio LorenzettiEffets du Bon Gouvernement sur la ville © Ambrogio Lorenzetti
La fonction de cette fresque était donc de livrer un message politique aux magistrats eux-mêmes : « Tournez les yeux pour admirer, vous qui exercez le pouvoir de justice. Regardez tous les bienfaits qui proviennent d’elle, combien est douce et reposante la vie de cette ville où est respectée cette vertu qui plus qu’aucune autre resplendit. Elle garde et protège ceux qui l’honorent, elle les nourrit et les apaise ». Mais elle était aussi destinée à être vue par le peuple lui-même – officiers, artisans, justiciables, citoyens – qui avait, lors de certaines occasions politiques accès à cette salle de délibération dans un décor saisissant d'expressivité. Inscrite dans une tradition picturale de propagande, cette peinture offrait le puissant symbole d'une gouvernance idéale, qui pour atteindre à l'équité sociale et dissoudre la peur de la dévastation guerrière, offrait un projet d'organisation et de partage collectif du pouvoir. Et, c'est là un point essentiel de l’efficacité réelle du message politique instauré par Lorenzetti. Ce sont les effets de la gouvernance (bonne ou mauvaise), qui, par les moyens propres de la peinture, frappent les imaginations, provoquent des émotions, imposent une vision, et permet d'observer les résultats concrets de la politique menée dans la ville et sa campagne alentour. Chacun s'identifie aux gestes, aux pratiques, aux aspirations et aux craintes de ceux qui donnent vie et habitent ces scènes picturales.

Le paysage comme enjeu du partage.

Pas question ici de décrire l’extraordinaire panorama qui se déploie comme un spectacle de la « dolce vita » urbaine où l’on danse et l’on parade pour donner de l'énergie, où l’on part à la noce comme l’on négocie ses affaires, où l'on travaille en groupe comme on écoute et on partage. Les arts y sont largement représentés, les maçons s'affairent, les tisserands prospèrent. D'ailleurs la campagne que peint Lorenzetti présente de nombreux points communs avec ce qui se passe dans la ville. C'est la première fois qu’un peintre représente un paysage avec autant de détails puisés dans la ruralité. La vie y est active, riche et tranquille, personne n’y est armé, les hommes y vivent paisibles entre eux comme avec leurs animaux. C’est une campagne idéalisée où les activités fonctionnent en étroite symbiose (semis, labours, moissons), où les nobles partent en chasse parmi les paysans qui œuvrent au respect de la nature. Une campagne qui s’étend à perte de vue avec ses lacs, ses vallons, ses ponts, ses châteaux. Nous voyons là un paysage équilibré, proprement mis en valeur par une communauté tout entière qui y projette son idéal d’ordre et d’harmonie. Les vignes grimpent les coteaux, les blés ondulent, les arbres fruitiers et les oliviers couronnent le sommet des collines : tout ce qui est nécessaire à la vie urbaine est là, disponible, sous les yeux, presque à portée de mains. Plus que pour les villageois qui y travaillent, cette campagne idéale l’est d’abord pour les citadins qui en vivent sous le signe des saisons et des astres qui les guident. Gouverner, c'est prévoir !

Effets du Bon Gouvernement sur la campagne © Ambrogio LorenzettiEffets du Bon Gouvernement sur la campagne © Ambrogio Lorenzetti
Dans le ciel, au dessus des coteaux, une figure ailée quasi-nue fait figure de gardienne sur ce monde paisible. C’est la Sécurité qui domine la campagne et la ville, grâce à la Paix et à la Justice que le “Bon gouvernement” a instaurées. Elle garde et protège, nourrit et apaise, et comme le dit l’inscription qu'elle porte : « Sans peur, que tout homme marche sans dommage et que chacun cultive et sème aussi longtemps que cette commune restera sous la seigneurie de cette dame, car elle a ôté aux coupables tout pouvoir ». La figure est légère, fine et élancée, souriante, et malgré cela, elle tient dans la main un gibet avec un pendu. C'est la menace du châtiment pour quiconque s’écarte du droit chemin et menace l’équilibre des institutions par le désordre du pillage.

Effets du Bon Gouvernement sur la campagne © Ambrogio LorenzettiEffets du Bon Gouvernement sur la campagne © Ambrogio Lorenzetti
Non seulement plusieurs discours sont donc à l'oeuvre dans cette fresque mais aussi plusieurs formes de récits enlacés, avec pour chacun sa propre temporalité, tantôt brève et brusque comme l’événement, tantôt ample et lente comme la mémoire et les cycles naturels. Il y a ici tant de choses à narrer, que la continuité y est fractionnée et l’espace éclaté par l'occupation des corps et des activités qui lui donnent sens et vie. Intégrer tous les arts mécaniques dans le portrait de la cité idéale constitue un geste politique fort et un élargissement de la base sociale nécessaire à la conception d'une bonne économie urbaine. Dans la cité idéale et heureuse de Lorrenzetti, l'ensemble des citoyens prend part à l'économie globale de la richesse produite comme à la politique commune. La relation entre paysage et démocratie est au cœur du message que le peintre fait passer de façon expressive : le “Bon gouvernement” est celui qui gère son environnement dans la paix, le partage et l'équité sociale contrairement au "Mauvais gouvernement" qui ne conduit qu'au chaos et à la destruction. Dès lors, deux façons de penser s'opposent entre ceux qui font de la politique à partir de leur travail et ceux qui font de la politique leur travail. Un message qui résonne particulièrement fort dans notre époque actuelle...

Faire du paysage notre socle commun.

Voici donc dans cette oeuvre un exemple abouti de représentation d’une société résiliente (pour reprendre un bon mot savant à la mode), tenant compte des meilleures techniques et savoir-faire de son époque. La composition décrit un équilibre entre, à droite, un espace rural fertile, riche en biodiversité et source de matières premières, et à gauche, un espace urbain florissant, où le commerce, la transformation et la création sont prospères. Le système est solidaire et robuste parce qu’il se nourrit de la diversité et de l’interaction entre ses composantes humaines et naturelles. Voici une oeuvre qui offre aussi un exemple réussi de communication par l’image. Il faut comprendre cette allégorie comme un livre illustré qui démultiplie les symboles et les messages en un véritable code de civilisation à une époque ou les citoyens ne savent pas lire. On y découvre des femmes et des hommes qui œuvrent localement à faire vivre l’esprit de la démocratie et à réinventer des paysages plus humains. La fresque décuple ainsi les scènes, les personnages, les animaux pour montrer leur interaction nécessaire à toute forme d'équilibre. Tous participent aux affaires publiques à partir de leur travail et se pensent dans un destin commun. Voici enfin un dispositif conçu pour mobiliser le public avec un maximum d’impact. Sa présentation dans un site accessible à tous (salle des Neufs où siège le gouvernement) et son format monumental (trente mètres pour l'ensemble des peintures), rappellent l’importance du sujet qui nous concerne tous.

On sait maintenant que l'après covid ne se fera pas en un claquement de doigts ni dans l'aspiration du capitalisme à se réformer de l'intérieur. Pire encore, tous les signes qui surgissent laissent à penser que ce sera comme "avant mais en pire" et que la facture globale du ralentissement économique sera mise en créance des citoyens responsables et coupables du désastre. D'autant que la plupart de nos concitoyens enfin déconfinés n'aspirent qu'à profiter à nouveau de la vie, de leurs familles, de leurs amis et de leurs vacances attendues. Quoi de plus légitime en somme ? Et de plus propice aussi pour faire passer la violence d'une reprise par le « choc » et la nécessité d'aller de l'avant à marche forcée. Car si l'écologie et nos paysages ont profité a minima du repos imposé par le confinement, les adeptes de la globalisation ont eux aussi profité de cette relâche pour y voir une formidable occasion de rompre plus radicalement encore avec ce qui reste d’obstacles pour détruire le monde. C'est sûrement que l'occasion à saisir d'une crise est un moment qui passe vite, trop vite peut être ? Il est frappant alors de constater combien la composition de Lorenzetti et ses principes narratifs restent d’actualité et répondent aux défis contemporains d’une transition écologique devenue nécessaire et impérieuse pour notre avenir à tous. L’actualité, pourtant, s’ingénie à vouloir reproduire le chaos de la fresque des effets du « Mauvais gouvernement » : étalement urbain, bétonnisation sauvage, biodiversité anéantie, terres et forêts saccagées, gouvernance de tyrans, justice entravée, appât du gain, accords de libre-échange destructeurs, esclavagisme moderne, conflits armés, flux migratoires subis... 

Effets du Bon Gouvernement sur la ville © Ambrogio LorenzettiEffets du Bon Gouvernement sur la ville © Ambrogio Lorenzetti
Depuis des années, partout dans le monde, des mouvements populaires ont essayé d'arrêter le cours de la politique devenue folle pour dire qu'il était temps de faire du peuple un moteur de la démocratie participative. Du Chili à l'Espagne, en passant par la Grèce ou nos ronds points en jaune, l'humain demande plus de justice sociale et de partage avec pour unique réponse l'ordre de se taire, lui le peuple, qui pense mal et qui ne comprend rien. Les émeutes sont comme les pandémies, elles bousculent l'ordre des dominants bien-pensants et la seule réponse qui vaille est celle de l'ordre et de la discipline. Au pas et en silence ! L'impitoyable répression de ces mouvements témoigne de cette peur ancestrale pour une participation démocratique saine, qui pourrait non seulement rendre visible les privilèges de classe que la domination orchestre, mais aussi et, surtout, les remettre en cause. Il est d'ailleurs troublant que de moins en moins de catégories sociales participent à la gouvernance dite démocratique du monde, alors que justement les inégalités et la destruction des communs ne font qu’augmenter. Aujourd'hui pourtant, tant de questions cruciales et vitales se posent à nos concitoyens : alimentation, coût du logement, valeur du travail, répartition des richesses, accès à l'éducation, respect des individus ; sans parler des nombreuses problématiques liées à l'écologie au sens large du mot – agriculture durable, relocalisation vivrière, circuits courts, dicta de l'agrobusiness, gestion des pesticides, réchauffement climatique, décarbonation de l'industrie. Plus question désormais de se taire. Les citoyens exigent transparence et participation. Partout s'élèvent déjà des projets d'assemblées citoyennes, des appels à se fédérer pour agir en commun, des encouragements à consommer autrement, des mouvements de lutte pour des zones à défendre, des formes de résistance urbaine face aux violences d'Etat ou des journées d'action contre la toxicité du monde. Partout oui, sauf dans les instances dirigeantes politiques et financières qui continuent leur voyage hors-sol comme des plantes sans racines et sans prise dans l'histoire qui les porte. 

Se reconnecter au vivant pour retrouver du sens.

On le voit malheureusement, les politiques récentes ont montré les limites d’une gouvernance libérale inique et ceux qui nous gouvernent ne sont plus en mesure d'assurer la sécurité de leur population. Trop de dégâts ont été faits et si rien ne change rapidement la destruction de tous nos biens communs reprendra de plus belle (eau, air, terre, santé, alimentation). Au même titre que le pouvoir libéral a besoin d'une forme de mise en scène et de valorisation de son propre discours pour laisser infuser son idéologie, nous devons engager une reflexion et une vision esthétique de tout nos biens communs les plus chers en lien avec nos paysages et le travail raisonné des ressources naturelles. Casser les murs entre mouvements sociaux et partis politiques pour qu'enfin règne une forme horizontale de partage des pouvoirs. Lorenzetti nous le montrait déjà dans sa fresque : la recherche du bien-être, du partage et la ré-appropriation des territoires peuvent, en nous reconnectant à la nature et au vivant, nous rendre tout simplement plus heureux, plus justes et plus harmonieux pour affronter les défis de ce monde. A force de laisser le capital privatiser tout ce qui produit du sens, à force de laisser les banques dicter leur loi aux marchés, à force d'acceptation passive des peuples devant les dirigeants et les lobbies financiers, nous risquons de sombrer dans un monde sans protection, ni solidarité, ni partage, avec pour seule condition d'existence future la réussite individuelle et l'argent comme idole d'un coté, la stigmatisation et la paupérisation des plus fragiles de l'autre, dans une gouvernance destructrice de vie et d'harmonie possible. C'est ce que la fresque “Des effets du Bon gouvernement” vient rappeler à nos oreilles de sortie du covid : la chose publique nous appartient et nos élus ont un mandat que le peuple leur prête, ils doivent en honorer le contrat et se rappeler que c'est notre monde qui vient nourrir le leur, pas l'inverse.

Comment dès lors reprendre en mains nos affaires sans attendre la verticalité des pouvoirs et des marchés capitalistes centrés sur le profit, la rentabilité et les vues à court terme ? Comment pouvons-nous faire du futur un élément central des décisions à prendre pour notre bien commun ? Quels projets de paysages locaux peuvent avoir des incidences sur notre transition écologique ? Quelle place donner aux citoyens pour être acteurs et pionniers de leur propre changement ? N'est-il pas opportun enfin d'introduire du temps long dans toutes les décisions qui désormais attentent à nos vies, notre alimentation, notre santé et notre environnement ? N'est-il pas temps d'en finir avec la prédation des sols et des espaces sauvages ? Et d'en finir aussi avec la destruction artificialisée du monde ? Contre le global orchestré comme modèle absolu de la mondialisation, le local est peut-être notre dernier territoire d'utopie ? Notre dernière façon d'habiter poétiquement le monde... Partout alors des formes de résistance doivent trouver la façon de faire croiser les territoires avec les femmes et les hommes qui y vivent et en font la richesse. Et la première d'entre elle consiste à ne pas accepter que l'on efface de la mémoire collective les cataclysmes et les chaos qui sans cesse font se détourner les vivants, pris à leur propre survie, de leurs moyens de reconquérir l'avenir. Résister, c'est ne pas effacer la mémoire des luttes qui obligent à descendre dans la rue pour demander des comptes à ceux que la surdité aveugle. Résister c'est apprendre à retrouver le sens des valeurs communes et du partage nécessaire à toute forme de vie et d'harmonie plus juste. 

La pandémie bouscule notre imaginaire et nos certitudes, elle nous oblige à repenser concrètement nos formes de solidarité, de lutte et de mobilisation. Le monde est plus que jamais lourd de menaces, écologiques, sociales, politiques, mais il porte aussi en lui les germes d'un renouveau possible. Il nous appartient collectivement de les faire fructifier dans une forme de communs retrouvés, connectés au vivant, pour relever les défis qui se posent à nous tous aujourd’hui. Ce sont toujours les batailles culturelles qui précèdent les batailles politiques...
 

Ambrogio Lorenzetti 1338-1339. H 200 x L 1440 cm
Sala dei Nove (salle des Neuf ou de la Paix), Palazzo Pubblico, Sienne.

 A lire pour aller plus loin : Patrick Boucheron, Conjurer la peur. Sienne, 1338. Essai sur la force politique des images, éditions du Seuil                                    https://blogs.mediapart.fr/jean-noviel/blog/

===================================================================

Allégorie du Bon Gouvernement

  • Allégorie du Bon Gouvernementa
  • Allégorie du Bon Gouvernementb
  • Allégorie du Bon Gouvernementc
  • Allégorie du Bon Gouvernementd
  • Effets du Bon Gouvernement sur la vie de la ville et de la campagne1
  • Effets du Bon Gouvernement sur la vie de la ville et de la campagne2
  • Effets du Bon Gouvernement sur la vie de la ville et de la campagne3
  • Allégorie du Bon Gouvernement4
Allégorie du Bon Gouvernement
auteur(s) : Ambrogio Lorenzetti (?-1348)
dimension : H. 200 cm ; L. 700 cm
matériaux : peinture
technique : fresque
datation : 1338-1339
lieu de conservation : Sienne, palais communal
Quel est le sens politique de cette fresque, qui orne la salle du Conseil des Neuf du palais communal de Sienne ?
Ambrogio Lorenzetti, un peintre entre Moyen Âge et Renaissance ?

À la fin du Moyen Âge, la commune de Sienne est gouvernée par le Conseil des Neuf, dont le devoir est de garantir la paix et la sécurité, gages de prospérité de la ville. Renouvelable tous les deux mois, il est composé de neuf citoyens élus par tirage au sort. Ce système permettait de limiter l’emprise de quelques familles sur la ville et garantissait, en théorie, un gouvernement juste et équitable.

UN DÉCOR COMPLEXE

Les neuf magistrats siégeaient au palais communal de la ville. Le décor complexe qui orne la salle du Conseil a été peint par Ambrogio Lorenzetti, artiste siennois actif au XIVe siècle.

Sur le mur nord, la fresque principale, représentant l’allégorie du Bon Gouvernement [ image principale ], fait face aux fenêtres du mur sud. De part et d’autre se déploient deux autres compositions. Celle de droite, sur le mur est, représente les effets du Bon Gouvernement sur la ville [ image 1 ] et sur la campagne [ image 2 ]. Celle de gauche, sur le mur ouest, réunit l’allégorie du Mauvais Gouvernement et ses conséquences sur la ville et la campagne. Ces grands paysages permettent sans doute de rendre le message politique accessible au plus grand nombre.

UN GOUVERNEMENT EN IMAGE 

La fresque principale est composée d’allégories évoquant les qualités et les vertus du Bon Gouvernement. Identifiables par des inscriptions, elles sont organisées en trois registres horizontaux.

Le ciel constitue le registre supérieur [ image b ]. De gauche à droite, la Sagesse et les trois vertus théologales (la Foi, la Charité et l’Espérance) rappellent que le Bon Gouvernement est d’inspiration divine.

Dans la partie gauche du registre médian [ image c ], la Justice est assise sur un trône et tient une balance. Dans la partie droite, un vieil homme barbu, allégorie du Bien commun, est assis au milieu d’une estrade. Muni d’un sceptre et d’un bouclier orné d’une figure de la Vierge, protectrice de la cité, il est entouré des vertus nécessaires au bon exercice du pouvoir (la Paix, la Force et la Prudence à sa droite, et la Magnanimité, la Tempérance et la Justice à sa gauche).

Dans le registre inférieur enfin [ image d ], la Concorde munie d’un rabot et placée sous la Justice évoque le nivellement des inégalités dans l’intérêt de la collectivité, incarnée par vingt-quatre citoyens. Sur la droite, des soldats gardent des prisonniers ligotés.

UN LANGAGE CODÉ

En recourant à l’allégorie, Ambrogio Lorenzetti crée une image dont il est nécessaire de connaître les clés de lecture. Certaines sont évidentes et très répandues, comme la balance de la Justice [ image c ] évoquant l’idée d’équité, et le glaive associé à la tête coupée, symbolisant la justice punitive garante de l’ordre social et de la sécurité. D’autres, en revanche, sont nouvelles et imagées, comme le rabot de la Concorde [ image d ] qui aplanit les dissensions.

Si elles reflètent la culture du peintre et de ses commanditaires, ces allégories sont cependant difficiles à comprendre pour un public non averti.

UN CURIEUX SENS DES PROPORTIONS

Ces personnages, représentés dans un même espace, présentent des dimensions sensiblement différentes. Ainsi, le Bien commun est la figure la plus grande de la composition, tandis que les vingt-quatre citoyens en sont les plus petites. La Justice est quant à elle plus grande que la Concorde. Il s’agit là d’une codification fréquente dans l’art médiéval, qui veut que la taille des personnages soit proportionnelle à leur importance sémantique. Plus la figure est grande, plus son rôle est important dans le message délivré.

UN RÉALISME TEMPÉRÉ

La fresque décrivant la ville [ image 1 ] et la campagne prospères [ image 2 ]constitue l’un des premiers paysages panoramiques connus de l’art occidental. Si certains monuments de Sienne y sont reconnaissables, comme la cathédrale dans l’angle supérieur gauche, ou encore une porte fortifiée, il ne s’agit cependant pas d’une représentation topographique de la ville. En effet, le palais communal et la place du Campo, qui en sont les symboles, n’ont pas été représentés par Lorenzetti. Le peintre semble ainsi avoir recherché la vraisemblance plutôt qu’une représentation illusionniste de la cité.

UNE PERSPECTIVE QUI DONNE À VOIR

Ambrogio Lorenzetti ne connaissait pas la perspective à point de fuite unique, qui sera inventée au début du XVe siècle à Florence. Il privilégie donc une vue plongeante de la ville, en multipliant les points de vue sur les bâtiments [ image 1 ]. Les plans lointains sont traités avec la même précision que les plans proches. Invité à circuler à l’intérieur des scènes, le spectateur perçoit l’ensemble des activités de la ville et de la campagne, garantes de la prospérité citadine : les multiples échoppes, avec leurs artisans, et la diversité des activités agricoles.

L’HÉRITAGE DE L’ANTIQUITÉ

En Italie, le passé antique est toujours très présent. Pour son œuvre, Ambrogio Lorenzetti s’inspire des modèles de cette période. Ainsi, le personnage nu ailé flottant au-dessus de la porte de la ville, symbolisant la sécurité à laquelle tout citoyen siennois aspire, évoque les Victoires de l’Antiquité romaine [ image 3 ]. Le drapé de la Paix et la position qu’elle adopte [ image 4 ] rappellent également certaines sculptures antiques. Enfin, aux pieds du Bien commun [ image principale ], le peintre figure les jumeaux Senius et Aschinus, fils de Rémus, traditionnellement considérés comme les fondateurs de Sienne.

AMBROGIO LORENZETTI, UN PEINTRE SIENNOIS LETTRÉ

Le décor de la salle du Conseil atteste de la culture intellectuelle complexe de Lorenzetti, qui annonce la figure de l’artiste de la Renaissance. En associant dans ces images allégories, références à l’Antiquité et souci du réel, le peintre montre une culture littéraire, visuelle et technique supérieure à celle d’un simple artisan peintre. La richesse des références de cet artiste, puisant dans les recherches initiées par ses prédécesseurs (Duccio, Cimabue, Giotto), montre que Sienne est l’un des foyers artistiques majeurs de la période de transition entre le Moyen Âge et la Renaissance. Mais la ville, durement touchée par l’épidémie de peste noire de 1348, connaît une grave crise économique et démographique, et peinera à se relever. Dans ce contexte la mort d’Ambrogio Lorenzetti  freinera également cet élan vers la Renaissance.

Isabelle Bonithon

Permalien : https://www.panoramadelart.com/bon-gouvernement-lorenzetti

Publié le 14/09/2016

Les Fresques du Bon et du Mauvais Gouvernement de Sienne

LA VIE M’A OFFERT D’ÊTRE NÉE DANS LA CAMPAGNE TOSCANE, OÙ J’AI GRANDI ENTOURÉE DE LA BEAUTÉ DE SES PAYSAGES ET DE SA LUMIÈRE AINSI QUE DES FRUITS LES PLUS NOBLES DU TRAVAIL ET DE LA CRÉATIVITÉ DE L’HOMME.

Des fruits qui remontent à une époque où les villes atteignirent en Italie un niveau de vie très avancé en constituant des Etats dont l’objectif n’était pas la puissance mais le bien-être des citoyens.

La reproduction la plus éloquente de cette époque est celle des fresques du Bon et du Mauvais Gouvernements d’Ambrogio Lorenzetti qui se trouvent dans le « Palazzo Pubblico » de Sienne.

Je garde encore le souvenir de la première fois où la maitresse d’école nous a amené voir ces fresques. Aujourd’hui je suis heureuse de les faire découvrir à ceux qui ne les connaissent pas.

Ces fresques restent d’une grande actualité et leur message, je crois, est encore d’une grande pertinence dans le monde contemporain.

C’est pourquoi j’ai décidé de leur consacrer le premier article de mon blog.

Dans quel contexte historique les fresques du Bon et du Mauvais Gouvernement furent-elles peintes ? Que voulaient-elles dire aux Siennois et à l’humanité ? Quelle est la portée de leur message aujourd’hui ?

Le Bon et le Mauvais Gouvernement furent commandées à Ambrogio Lorenzetti par le Gouvernement des Neufs, qui gouverna Sienne de 1287 à 1355, à un moment où cette ville connait l’apogée de sa puissance et de sa richesse en étant l’une des quinze villes les plus importantes d’Europe.

Une puissance et une richesse que Sienne doit à la Via Francigena, un réseau de routes et chemins empruntés par les pèlerins venant de France pour se rendre à Rome, qui était aussi une artère fondamentale pour les échanges et le commerce entre l’Orient et l’Occident. Grâce à cette route les marchands siennois pouvaient exporter leurs biens vers le nord de l’Europe et importer d’Orient des épices, des tissus et des pierres précieuses mais aussi des couleurs et   des styles artistiques qui font encore sa splendeur.

A travers ces fresques, peintes entre 1337 et 1339, Ambrogio Lorenzetti est appelé à faire l’éloge de ce modèle politique sophistiqué qu’est la Commune, la République de Sienne.

Les Fresques se trouvent dans la Salle des neufs, où se réunissaient les (neufs) membres du Gouvernement et occupent trois parois : l’allégorie du bon gouvernements (parois nord), les effets du bon gouvernement en ville et à la campagne (côté oriental, là où nait le soleil !) et l’allégorie et les effets du mauvais gouvernement (en face, du côté où le soleil meurt !).

J’ai été subjuguée par la passionnante explication de l’historienne de l’art Mariella Carlotti pendant une conférence organisée au lendemain des élections européennes de mai dernier.  Elle a expliqué de manière détaillée l’allégorie du Bon gouvernement et a attiré l’attention sur la figure de cette dame assise sur le trône, portant des vêtements couleurs rouge-pourpre et or ; c’est Iustitia (la Justice), décorée par la phrase : « Aimez la justice vous qui gouvernez cette terre ». Cette phrase ouvre, dans la Bible, le Livre de la Sagesse. C’est aussi la phrase qu’on lit dans le parchemin que Jésus tient dans ses mains dans la Maestà de Simone Martini qui se trouve dans la Salle de la Mappemonde, celle où se réunissait le Grand Conseil de Sienne, le Parlement de la ville. C’est cette phrase, enfin, que Dante voit apparaitre dans le ciel du Paradis dans la Divine Comédie.

Deux autres figures sont au centre de cette peinture : la Sagesse et la Concorde, qui sont liées par une corde aux citoyens qui la donnent à leur tour à la Commune de Sienne représentée   par une personne habillée en noir et blanc, les couleurs de la ville.

Il est impossible de s’arrêter sur tous les détails de l’allégorie et pour les comprendre il faudra faire référence à la conception philosophique et du monde d’Aristote et de Saint Thomas d’Aquin, qui sont au cœur de la Divine Comédie.

En tournant notre regard sur la paroi à droite, nous ne pourrons pas rester insensibles aux images reproduisant les effets du Bon gouvernement. Ambrogio Lorenzetti a peint dans des merveilleux détails ses caractéristiques et ses conséquences. La douceur de vivre et la beauté de cette ville, que l’on reconnait comme étant Sienne, sont accompagnées de la croissance économique. Tout le monde s’affaire et travaille à chaque coin de rue ; les paysans et les  citadins échangent leurs produits et leurs paroles. Les enfants jouent. Les jeunes filles dansent, une femme en rouge va se marier et fonder une nouvelle famille dans un cadre de bonheur et de paix.

Une atmosphère qui s’oppose à celle de guerre et de destruction, provoquée par le mauvais gouvernement, représenté en face, dans une fresque en trois parties : l’allégorie du mauvais gouvernement, ses effets en ville et ses effets à la campagne. L’allégorie du Mauvais gouvernement est dominée par une figure avec des cornes, le tyran, qui est aveugle. Le tyran n’est pas pour Lorenzetti, et son époque, le dictateur. Le tyran est celui qui ne pense qu’à son propre intérêt et ne voit pas le bien commun.

citation

 « Aimez la justice vous qui gouvernez cette terre ».

Que veulent dire ces fresques ?

Ces Fresques veulent, tout d’abord, parler par images. En 1310 le gouvernement de Sienne a fait traduire les Statuts de la ville en toscan, pour que tous les Siennois puissent comprendre les lois et les règles de la vie commune. En 1337, en commandant ces fresques à Ambrogio Lorenzetti, le Gouvernement des neufs veut dire à tous les citoyens, même ceux qui ne savent pas lire, que la meilleure forme de gouvernance possible est la république.

L’histoire ne nous a en effet pas donné depuis d’exemples de gouvernements avec une idée si élevée de la politique. Les 9 qui composent le gouvernement de la République de Sienne assurent leur tâche à rotation, pour une période de 3 à 6 mois, restent renfermés dans le Palais pendant leur période d’exercice afin d’être totalement au service de leurs idéaux et se dédier entièrement à leur mission.

Quelle mission ? Celle du Bien Commun, qui s’oppose à l’intérêt particulier. Le nom originaire de ces fresques est « Le Bien Commun et la Paix » et ce n’est qu’au XVII siècle qu’on les a appelées « Le Bon et le Mauvais Gouvernement ».

Aujourd’hui les fresques du Bon et du Mauvais gouvernement nous font comprendre que c’est sur le respect des valeurs éthiques comme la justice, la sagesse, la concorde que repose le bon gouvernement, celui qui assure « le Bien Commun », le bien de tous.

Elles nous montrent que c’est dans les villes, qu’est né ce mode de gouvernance extraordinaire qu’a été celui des républiques italienne du Moyen-Age, des Villes-Etats, où un tiers des citoyens participaient concrètement à la vie publique et politique.

Elles nous rappellent que ces Villes-Etats, dont celle de Sienne fut un exemple éclairant, avaient fondé leur puissance et leur richesse sur le commerce et l’échange avec le reste du monde et que ces sociétés florissantes furent le point de départ de la Renaissance, qui devait contribuer à l’essor de l’Europe et de l’humanité.

En regardant les fresques du Bon et du Mauvais Gouvernement l’on est saisi par la beauté de cette peinture et la force de son message mais, personnellement, ce qui me touche le plus c’est de penser que cette civilisation fut capable de faire la synthèse de ce que le monde et l’homme avaient produit de plus beau jusqu’à cette époque. Ces images, nées dans une ville, sont universelles, peuvent toucher l’âme de chaque être humain et les idées qu’elles expriment peuvent parler à la planète entière. C’est sans doute à cause de cela que tout en étant attachée à la Toscane et à mon identité, je me sens chez moi partout en Europe et dans le monde.

Les sources qui m’ont aidé à écrire cet article :

- France culture, l’émission « Concordance de Temps » sur « Les Cités Italiennes : laboratoires d’une république » par Jean Noël Jeannenay (du 9 novembre 2013)

- Le livre de Patrick Boucheron « Conjurer la peur : Sienne 1338 : essai sur la force politique des images »
- Les conférences de Mariella Carlotti que vous pouvez retrouver sur YouTube.

L’inspiration d’écrire cet article m’a été donnée par le message qu’Elisabeth Gateau, ancienne secrétaire générale du Conseil des Communes et Régions d’Europe (1989-2002) et de Cités et Gouvernements Locaux Unis (2004-2011), m’a transmis au moment de mon départ du CCRE.
Je tiens à lui exprimer ma reconnaissance et mes remerciements pour les mots qu’elle m’a réservé et qui m’ont beaucoup émue.


http://adrastia.org/transition-allegorie-quattrolibri/

marți, 10 noiembrie 2020

GIOTTO / Capela Scrovegni / Padova

Église de l'Arena de Padoue

Église de l'Arena de Padoue
La Cappella degli Scrovegni.JPG
Présentation
Type
CulteCatholique
Diocèse
Diocèse de Padoue (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Dédicataire
StyleGothique
Créateur
Giotto di Bondone (Fresques de l'église d'Arena) (années 1300)Voir et modifier les données sur Wikidata
Construction
Commanditaire

L'église de l'Arena ou chapelle des Scrovegni de Padoue est une modeste chapelle gothique construite sur le terrain del’ancienne arène romaine — l’Arena, amphithéâtre elliptique pour spectacles de gladiateurs, vestige de la Patavium romaine — construite au xive siècle, dans le quartier de l’Arena, à Padoue, en Italie.

De nos jours, le quartier verdoyant de l'Arena possède un parc public au milieu duquel est plantée une petite chapelle médiévale. D'aspect extérieur dépouillé, elle renferme le cycle de fresques de Giotto. Ce chef-d’œuvre de la peinture aux couleurs intenses — le fameux bleu de Giotto — a été commandé au début du xive siècle par un riche mécène, Enrico Scrovegni, banquier et homme d'affaires padouan, fils d'un célèbre usurier de Padoue, que Dante avait précipité en Enfer, au chant 17 de la première partie de la Divine Comédie.

Histoire

La première pierre de la chapelle a été posée l'année du premier Jubilé (1300). Pour décorer la chapelle qu'il faisait construire, à côté de son palais, Enrico Scrovegni fit appel aux plus grands artistes de l'époque : Jean de Pise reçut commande de trois statues de marbre et Giotto celle de la décoration picturale des murs.

La décoration de la chapelle des Scrovegni par Giotto est une des réalisations les plus magistrales de l’histoire de l’art occidental. Ce cycle de peintures murales, réalisées au début du xive siècle, chef-d'œuvre de la peinture du Trecento italien et européen, présente une unité cohérente, une gamme de couleurs vives et des figures dotées d'expressivité. Il est considéré comme le cycle de fresques le plus complet réalisé par le maître toscan dans sa période de maturité.

Giotto — qui a déjà peint les fresques de l'église supérieure de la basilique Saint-François d'Assise, dans la dernière décennie du siècle qui vient de s'achever — revient de Rome, où il est allé travailler à la demande du cardinal Jacopo Gaetani dei Stefaneschi, neveu du pape Boniface VIII. De 1303 à 1306, il est à Padoue, où il peint les cinquante-trois fresques de la chapelle Scrovegni, ou chapelle Santa Maria dell'Arena, qui sont considérées comme son chef-d'œuvre et l'un des tournants de l'histoire de la peinture européenne. Il avait probablement autour de quarante ans quand il a commencé la décoration de la chapelle, où il peint des fresques relatant la vie du Christ.

La tradition[réf. nécessaire] dit que Dante — exilé de Florence en 1302 — se trouvait à Padoue en même temps que Giotto y effectuait ce travail et attribue à son influence le choix d'une partie des compositions dont Giotto décora la chapelle de Santa Maria dell’Arena. Dans l'Enfer de Dante se retrouvaient certains des contemporains que le poète jugeait indignes du salut mais qu'il ne nommait pas expressément, se contentant de les désigner symboliquement par leurs armoiries. Il avait ainsi précipité en Enfer, au chant dix-septième de la première partie de la Divine Comédie, Rinaldo Scrovegni, usurier célèbre de Padoue, en évoquant les armoiries de la famille figurées par « une grosse truie d'azur ».

Son fils Enrico — un riche marchand créé patricien de Venise — fit ériger en 1300-1305[réf. nécessaire] à Padoue une chapelle consacrée à la Vierge sous le titre de la Annunziata, dont il avait confié la décoration à Giotto. Peut-être celui-ci en fut-il également l'architecte[réf. nécessaire] avant d'en être le décorateur ; en l'absence de tout document, cette conjecture ne peut s'appuyer que sur l'harmonie parfaite de la forme de l'édifice avec sa décoration intérieure.

Les études conduites par Giuliano Pisani ont profondément changé la vision du chef-d'œuvre de Giotto, en montrant comment la conception répond à un rigoureux programme théologique de matrice augustinienne, en introduisant aussi la figure du programmeur théologique, que Giuliano Pisani a identifié avec un frère de l'ordre augustin, Alberto da Padova (1269-1328), qui fut « Magister » de Théologie et Philosophie à la Sorbonne pendant les dernières dix années de sa vie. De nombreux lieux communs et de nombreux aspects qui étaient restés dans l'ombre ont été éclaircis. De nouvelles images ont été découvertes sous le trône du Christ Juge, et cela a permis de rejeter une lecture aussi traditionnelle que dépourvue d'un fondement scientifique.[réf. nécessaire]

La ville de Padoue a acquis la chapelle en 1881 pour éviter la perte des fresques, qui étaient, à cette époque, gravement endommagées. Pour assurer la protection des fresques de Giotto, les autorités italiennes ont pris des précautions draconiennes1.

Une restauration importante des fresques a été entreprise en 2001 pour effectuer des interventions jugées urgentes sur des zones présentant de graves risques de détérioration et pour atténuer le manque d'homogénéité chromatique résultant des précédentes restaurations effectuées à la fin du xixe siècle et dans les années 1960.

Les fresques de l'Église de l'Arena

La chapelle Scrovegni est une chapelle à nef unique entièrement tapissée de peintures dont les couleurs sont en remarquable état de conservation. Les dimensions modestes de l’espace permettent aux spectateurs d’avoir un contact assez intime avec les peintures. Giotto a rempli un programme complexe couvrant le Nouveau Testament et deux sources apocryphes. Les scènes se déroulent sur les deux parois latérales, presque symétriques (Giotto a dû procéder à un léger décalage pour s'ajuster avec les fenêtres) de la chapelle et sont découpées en tableaux par des cadres en trompe-l’œil. Cette composition suit une logique chronologique, de la vie d’Anne et de Joachim, les parents de la Vierge Marie à celle du Christ, dans le sens horizontal et de haut en bas, dans une séquence narrative.

C'est une simple nef à voûte cintrée, terminée par un grand arc ouvrant sur l'abside. La paroi de droite est percée de six fenêtres, et une triple baie ogivale s'ouvre sur le mur de façade ; toute une large surface s'offre librement aux inventions de la fresque.

Les scènes sur les murs sont ainsi arrangées en quatre rangées et sont entourées par une structure qui semble former la partie de l'architecture de la chapelle. Les scènes sont séparées verticalement par de larges bandes de marbre qui sont richement décorées. Giotto, se conformant aux antiques usages, divisa les murs de la nef en larges quadrilatères étagés sur trois rangs, où il peignit les histoires de la Vierge et du Christ. Il enveloppa ses compositions de bordures à feuillages variés, d'où se détachent symétriquement des médaillons avec des bustes de personnages évangéliques.

L'église étant plus petite qu'à Assise, Giotto a dû diviser la surface en panneaux plus petits. Les personnages de la fresque sont peints presque en grandeur nature ce qui donne une grande unité à la fresque et une grande proximité avec les personnages. Comparés aux fresques d'Assise, la couleur et les volumes sont devenus plus doux. Les gestes des figures maintiennent un équilibre entre la « gravitas » de l'Antiquité et le côté gracieux de l'art gothique. Giotto a divisé les murs en tableaux rectangulaires, séparant ces derniers par des faux cadres. On retrouve dans cette structure tout un langage de formes et de matières. Faux marbres polychromes, entrelacs gothiques, dallages, têtes de prophètes dans des fenêtres polylobées, l’illusion visuelle est complète. Pas un seul centimètre carré n’est laissé en réserve.

Au-dessous, sur un soubassement feint, coupé de pilastres, Giotto a dessiné une bande en imitation de marbre dans laquelle s’insèrent quatorze figures allégoriques — sept de chaque côté — de Vertus et de Vices, peintes en camaïeu. Au sommet de l'arc triomphal — qui ouvre sur le chœur — trône le Sauveur adoré par les anges ; sur la paroi d'entrée se déploie le Jugement dernier. La voûte à fond d'azur semé d'étoiles d'or est divisée en deux champs, d'où ressortent dix médaillons circulaires représentant, d'un côté la demi-figure du Christ bénissant, de l'autre celle de la Vierge tenant son fils, parmi des bustes de prophètes. La série des scènes évangéliques commence à droite de l'arc triomphal, se continue sur la paroi qui fait face, recommence et se continue de même par deux fois, pour se terminer à gauche du chœur.

L'influence de Dante serait décelable dans la vaste composition du Jugement dernier et mieux encore dans les figures allégoriques en camaïeu, qui simulent à la base des fresques évangéliques deux rangées de bas-reliefs. Ces quatorze figures de Vertus et de Vices qui se font face, les Vertus à droite et les Vices à gauche, comptent parmi les créations les plus parfaites du génie de Giotto. On pourrait leur chercher quelques modèles, soit parmi les miniatures antiques (illustrations de la Psychomachia de Prudence), soit parmi les sculptures du Moyen Âge (statues et bas-reliefs de Nicolas et de Jean de Pise) ; mais il y a un abîme entre l'œuvre du maître et celles de ses devanciers. La simplicité, la dignité de ces figures aux draperies flottantes révèlent en leur auteur non seulement un esprit subtil, habitué aux spéculations morales et philosophiques, mais un œil de peintre et de sculpteur, instruit par la contemplation des chefs-d'œuvre de l'art antique.

Les inscriptions latines

Aujourd'hui presque entièrement détruites, elles éclairaient le symbolisme de ces figures, dont voici l'énumération :

  1. L'Espérance et, sur la paroi opposée, 2° Le Désespoir ;
  2. La Charité et 4° L'Envie ;
  3. La Foi et 6° L'Infidélité ;
  4. La Justice et 8° L'Injustice ;
  5. La Tempérance et 10° La Colère ;
  6. La Force et 12° L'Inconstance ;
  7. La Prudence et 14° La Folie.

Les fresques

Elles se répartissent en plusieurs groupes :

Nombreux sont les historiens qui s’accordent à trouver en Giotto l’inventeur de la peinture italienne. Sa peinture se distingue de ce qu’on appelle la « maniera graeca », c’est-à-dire le style byzantin, dans lequel les figures flottent dans un univers céleste où baigne une lumière dorée irréelle. Les personnages de Giotto s'inscrivent dans la réalité.

On peut s'en convaincre en observant les personnages de second plan, comme la fileuse de L'Annonciation à sainte Anne, ou le buveur de vin dans les Noces de Cana.

Le peintre a cherché à camper ses scènes dans un environnement terrestre qui puisse, tant que possible, être crédible, même si la représentation des architectures semble trop petite par rapport aux personnages. Dans ces scènes, l'architecture joue un rôle de décor théâtral, comme la maison d’Anne, dans l’Annonciation citée plus haut, dont la paroi a été retirée pour en rendre l’intérieur visible.

Une des scènes les plus expressives est sans doute le Baiser de Judas, dans laquelle Giotto s’est passé de décor architectural. Une foule de personnages, qui semblent se prolonger dans le ciel par des lances, s’agite autour du Christ et de Judas. Les deux hommes, de profil, s’affrontent dans un face à face. Le Christ, grave mais serein, a le corps enveloppé par la tunique de son interlocuteur. Giotto ne fait pas que narrer une histoire, il transmet des émotions.

Giotto acheva de peindre les fresques de la chapelle Scrovegni dans les premiers mois de l'année 1306.

Galerie

https://it.wikipedia.org/wiki/Cappella_degli_Scrovegni

Cappella degli Scrovegni

Jump to navigationJump to search


La cappella degli Scrovegni è un sito museale che si trova nel centro storico di Padova e ospita un celeberrimo ciclo di affreschi di Giotto dei primi anni del XIV secolo, considerato uno dei capolavori dell'arte occidentale. La navata è lunga 20,88 m, larga 8,41 m, alta 12,65 m; la zona absidale è formata da una prima parte a pianta quadrata, profonda 4,49 m e larga 4,31 m, e da una successiva, a forma poligonale a cinque lati, profonda 2,57 m e coperta da cinque unghiature nervate[1]. Dal 2006 la Cappella degli Scrovegni è candidata a diventare il secondo sito di Padova del Patrimonio dell'UNESCO (il primo è l'orto botanico del XVI secolo).

Storia

L'interno della cappella

Costruzione e decorazione della cappella

Enrico Scrovegni offre alla Madonna un modellino della cappella

Intitolata a Santa Maria della Carità, la cappella fu fatta costruire da Enrico degli Scrovegni, figlio di un ricchissimo usuraio padovano (Reginaldo o Rinaldo della famiglia Scrovegni), che agli inizi del Trecento aveva acquistato da un nobile decaduto, Manfredo Dalesmanini, l'area dell'antica arena romana di Padova. Qui provvide a edificare un sontuoso palazzo, di cui la cappella era oratorio privato e futuro mausoleo familiare. Chiamò ad affrescare la cappella il fiorentino Giotto, il quale, dopo aver lavorato con i francescani di Assisi e di Rimini, era a Padova chiamato dai frati minori conventuali ad affrescare la sala del Capitolo, la cappella delle benedizioni e forse altri spazi nella Basilica di Sant'Antonio[3]. Infondata la notizia secondo cui Enrico Scrovegni fece costruire questo edificio sacro in espiazione del peccato commesso dal padre, che Dante Alighieri, qualche anno dopo la conclusione del ciclo giottesco, pone all'Inferno tra gli usurai (vv. 64-66).

Menzioni antiche trecentesche (Riccobaldo FerrareseFrancesco da Barberino, 1312-1313) certificano la presenza di Giotto al cantiere. La datazione degli affreschi è deducibile con buona approssimazione da una serie di notizie: l'acquisto del terreno avvenne nel febbraio dell'anno 1300, il vescovo di Padova Ottobono dei Razzi autorizzò la costruzione prima del 1302 (data del suo trasferimento al Patriarcato di Aquileia); la prima consacrazione si ebbe nella ricorrenza della Festa dell'Annunciazione, il 25 marzo 1303; il primo marzo 1304 papa Benedetto XI concesse l'indulgenza a chi avesse visitato la cappella e un anno dopo, sempre nella ricorrenza del 25 marzo (1305), la cappella veniva consacrata. Nell'arco di tempo tra il 25 marzo 1303 e il 25 marzo 1305 si colloca dunque il lavoro di Giotto. Per inciso, nel Giudizio Universale della Cappella, un raggio di luce ogni 25 marzo passa tra la mano di Enrico e quella della Madonna.

L'interno della cappella con la controfacciata e parte del ciclo pittorico delle pareti, riproduzione

Giotto dipinse l'intera superficie interna dell'oratorio con un progetto iconografico e decorativo unitario, ispirato da un teologo agostiniano di raffinata competenza, recentemente identificato da Giuliano Pisani in Alberto da Padova[4]. Tra le fonti utilizzate vi sono molti testi agostiniani, i Vangeli apocrifi dello pseudo-Matteo e di Nicodemo, la Legenda Aurea di Jacopo da Varazze e, per qualche dettaglio iconografico, le Meditazioni sulla vita di Gesù dello pseudo-Bonaventura, oltre a testi della tradizione medievale cristiana, tra cui Il Fisiologo.

Quando lavora alla decorazione della Cappella il grande maestro dispone di una squadra di una quarantina di collaboratori e si sono calcolate 625 "giornate" di lavoro, dove per giornata non si intende l'arco delle 24 ore, ma la porzione di affresco che si riesce a dipingere prima che l'intonaco si secchi (cioè non sia più “fresco”).

Rifacimento dell'abside

Nel gennaio del 1305, quando i lavori alla cappella stavano per concludersi, gli Eremitani, che vivevano in un convento li vicino, protestarono con veemenza perché la costruzione della cappella, andando oltre gli accordi presi, si stava trasformando da oratorio in una vera e propria chiesa con tanto di campanile, creando dunque concorrenza alle attività degli Eremitani. Si ignora come la vicenda si sia conclusa, ma è probabile che in seguito a queste rimostranze la Cappella degli Scrovegni abbia subito l'abbattimento della monumentale parte absidale con ampio transetto (documentata nel "modellino" dipinto da Giotto nell'affresco in controfacciata), dove lo Scrovegni aveva progettato di inserire il proprio mausoleo sepolcrale: la datazione più tarda degli affreschi dell'abside (post 1320) confermerebbe questa ipotesi[5].

La zona absidale, che tradizionalmente è la più significativa di un edificio sacro e che ospita anche la tomba di Enrico e della sua seconda moglie, Iacopina d'Este, presenta un restringimento inconsueto e trasmette un senso di incompletezza, quasi di disordine. Anche nel riquadro inferiore destro dell'arco trionfale, sopra il piccolo altare dedicato a Caterina d'Alessandria, la perfetta simmetria giottesca è alterata da una decorazione a fresco - con due tondi con busti di sante e una lunetta che rappresenta Cristo in gloria e due episodi della passione, la preghiera nell'orto del Getsemani e la flagellazione -, che crea un effetto di squilibrio. La mano è la stessa che affresca gran parte della zona absidale, un pittore ignoto, il Maestro del coro Scrovegni, che opererebbe nel terzo decennio del Trecento, una ventina d'anni dopo la conclusione del lavoro di Giotto. Il punto focale del suo intervento sono sei grandi scene sulle pareti laterali del presbiterio, dedicate all'ultima fase della vita terrena della Madonna, coerentemente con il programma affrescato da Giotto.

Periodo moderno

La cappella era originariamente collegata attraverso un ingresso laterale al palazzo Scrovegni, abbattuto nel 1827 per ricavarne materiali preziosi e far spazio a due condomini. Il Palazzo era stato fatto erigere seguendo il tracciato ellittico dei resti dell'antica arena romana. La cappella fu ufficialmente acquisita dalla municipalità di Padova con atto notarile nel 1881, un anno dopo il mandato del Consiglio Comunale nella seduta del 10 maggio 1880. Subito dopo l'acquisto i condomini furono abbattuti e la cappella fu oggetto di restauri, non sempre felici. Nel giugno del 2001, dopo vent'anni di indagini e studi preliminari, l'Istituto Centrale per il Restauro del Ministero per i Beni e le Attività Culturali e il Comune di Padova avviarono il restauro degli affreschi di Giotto, sotto la guida di Giuseppe Basile. Un anno prima erano stati completati gli interventi sulle superfici esterne dell'edificio e si era inaugurato l'adiacente Corpo Tecnologico Attrezzato (CTA), dove i visitatori, in gruppi di massimo venticinque per volta, sono chiamati a sostare una quindicina di minuti per sottoporsi a un processo di deumidificazione e depurazione dalle polveri. Nel marzo del 2002 la Cappella fu riconsegnata al mondo in tutto il suo ritrovato splendore. Restano aperti alcuni problemi, come l'allagamento della cripta sottostante la navata per la presenza di una falda acquifera, o i cordoli in cemento introdotti agli inizi degli anni sessanta del XX secolo in sostituzione degli originali lignei (con evidenti ripercussioni sulla diversa elasticità dell'edificio).

Descrizione

Le storie di Gioacchino ed Anna, Maria e Cristo

L'aula si presenta interamente affrescata su tutte e quattro le pareti. Giotto stese gli affreschi su tutta la superficie, organizzati in quattro fasce dove sono composti i pannelli con le storie vere e proprie dei personaggi principali divisi da cornici geometriche. La forma asimmetrica della cappella, con sei finestre solo su un lato, determinò il modulo della decorazione: una volta scelto di inserire due riquadri negli spazi tra le finestre, si calcolò poi l'ampiezza delle fasce ornamentali per inserirne altrettanti di eguale misura sull'altra parete[6]. Il ciclo pittorico, incentrato sul tema della salvezza, ha inizio dalla lunetta in alto sull'Arco Trionfale, quando Dio decide la riconciliazione con l'umanità affidando all'arcangelo Gabriele il compito di cancellare la colpa di Adamo con il sacrificio di suo figlio fatto uomo. Prosegue con le Storie di Gioacchino ed Anna (primo registro, parete sud), le Storie di Maria (primo registro, parete nord), ripassa sull'Arco Trionfale con le scene dell'Annunciazione e della Visitazione, cui seguono le Storie di Cristo (secondo registro, pareti sud e nord), che continuano, dopo un passaggio sull'Arco Trionfale (Tradimento di Giuda), sul terzo registro, pareti sud e nord. L'ultimo riquadro della Storia Sacra è la Pentecoste. Subito sotto si apre il quarto registro con i monocromi dei vizi (parete nord) e i monocromi delle virtù (parete sud). La parete ovest (o controfacciata) reca il grandioso Giudizio Universale. Questo il dettaglio delle varie scene:

La Passione, Morte e Resurrezione secondo Giotto

La contemplazione dei misteri del Triduo Pasquale e della Pasqua del Signore attraverso gli affreschi di Giotto nella Cappella degli Scrovegni a Padova. Un esempio unico dell'arte cristiana, la cui missione è diaconia, ministero, servizio. La Bellezza rivela la Verità del Vangelo

Paolo Ondarza - Città del Vaticano

Una narrazione semplice, che cela significati profondi. Un racconto concretamente umano, dal quale emerge con forza lirica l’elemento trascendente al cui cospetto non resta che inginocchiarsi. Il Vangelo del Triduo Pasquale è raccontato così, in modo unico negli affreschi della Cappella degli Scrovegni a Padova, la “Divina Commedia” di Giotto. Quelle che vanno dall’Ultima Cena alla Resurrezione, culminando nella gloria dell’Ascensione e della Pentecoste, costituiscono il più basso dei tre registri orizzontali - formato ciascuno da 12 scene - nei quali si articola il ciclo pittorico istoriato fra il 1303 e il 1305 dal grande Maestro toscano su commissione del banchiere padovano Enrico Scrovegni. Colpiscono le “terzine”, ovvero le corrispondenze simboliche con le scene dei due ordini superiori dedicate rispettivamente alle storie di Gioacchino, Anna e della Vergine Maria e quelle dell’infanzia e vita pubblica di Gesù.  




















La Passione, Morte e Resurrezione secondo Giotto

La contemplazione dei misteri del Triduo Pasquale e della Pasqua del Signore attraverso gli affreschi di Giotto nella Cappella degli Scrovegni a Padova. Un esempio unico dell'arte cristiana, la cui missione è diaconia, ministero, servizio. La Bellezza rivela la Verità del Vangelo

Paolo Ondarza - Città del Vaticano


Una narrazione semplice, che cela significati profondi. Un racconto concretamente umano, dal quale emerge con forza lirica l’elemento trascendente al cui cospetto non resta che inginocchiarsi. Il Vangelo del Triduo Pasquale è raccontato così, in modo unico negli affreschi della Cappella degli Scrovegni a Padova, la “Divina Commedia” di Giotto. Quelle che vanno dall’Ultima Cena alla Resurrezione, culminando nella gloria dell’Ascensione e della Pentecoste, costituiscono il più basso dei tre registri orizzontali - formato ciascuno da 12 scene - nei quali si articola il ciclo pittorico istoriato fra il 1303 e il 1305 dal grande Maestro toscano su commissione del banchiere padovano Enrico Scrovegni. Colpiscono le “terzine”, ovvero le corrispondenze simboliche con le scene dei due ordini superiori dedicate rispettivamente alle storie di Gioacchino, Anna e della Vergine Maria e quelle dell’infanzia e vita pubblica di Gesù.  


http://www.michelacarmignani.it/sergio_ferraris/web/scrovegni/ita/capire/capiremappa.htm

================================================================