Se afișează postările cu eticheta roma. Afișați toate postările
Se afișează postările cu eticheta roma. Afișați toate postările

sâmbătă, 23 ianuarie 2021

Roma / Ieri, oggi, domani

 

ee

Histoire de l'Art 03 : La Rome Antique

Le Colisée

Le Colisée est le nom d'un amphithéâtre romain datant de l'antiquité (environ 80 ap. JC), construit sous les règnes des empereurs Vespasien et Titus, puis modifié par Domitien. On l'appelle parfois l'amphithéâtre Flavien, son nom actuel est un dérivé de l'adjectif  « colossal », en référence au Colosse de Rhodes, autre monument majeur de l’Antiquité. Le Colisée est la plus grande construction de l'antiquité romaine, il se trouve actuellement au centre-ville de Rome, ce qui en fait le monument le plus visité de la capitale italienne.

Le Colisée est vraiment impressionnant mais il faut reconnaitre qu'il est en ruines, à l’instar de beaucoup d'autres bâtiments antiques. Parmi les principales destructions, une grande partie de la façade extérieure est tombée, ainsi que l'arène elle-même. Les sous-sols de l'arène existent toujours mais sont à l'air libre, fortement dégradés. Ils abritaient de nombreux couloirs et salles pour accueillir les gladiateurs et les animaux féroces qui pouvaient être conduit au centre de l'arène avec une série d'élévateurs et de rampes d'accès.

Enfin une partie des gradins ont disparu, de même que les mats qui soutenaient la toile de protection solaire (le vélarium, un toit léger qui abritaient les spectateurs).

Le Colisée est le plus grand amphithéâtre romain, en forme d’anneau ovale de 188 mètres de long, 156 mètres de large et 57 mètres de haut. Le Colisée utilise plusieurs matériaux. Le principal est le travertin, une pierre calcaire, le marbre, pour des décorations, le tuf, une roche volcanique, la brique, et la chaux pour les liaisons. On s'est servi aussi de métal, essentiellement de bronze, pour lier les pierres entre elles. Les gradins ont été divisés en cinq niveaux avec une capacité de plus de 50 000 personnes. Ces zones étaient définies en fonction de la classe sociale, plus elles étaient proches de l'arène, plus le rang auquel elles appartenaient était élevé : Tout en bas, les sénateurs, au-dessus, les hommes libres, au 3e secteur, le reste de la population et enfin tout en haut les femmes et la plèbe.

Dans les années 80 après JC, le Colisée fut inauguré après trois années de travail. Pour son ouverture, il a été organisé une fête qui dura 100 jours durant lesquels des dizaines de gladiateurs furent tués et près de 9000 animaux domestiques et sauvages ont péri.

L'amphithéâtre était une salle de spectacles, c'est à dire que la population qui s'y rendait passait sa journée à regarder différents spectacles. Les plus souvent, les romains se divertissaient devant :

  • Des combats de gladiateurs,
  • Des chasses d'animaux sauvages,
  • Des reconstitutions de batailles navales,
  • Des reconstitutions d'espaces champêtres ou forestiers,
  • Des présentations d'œuvres d'art,
  • Des exécutions de condamnés à mort.

Ces types de spectacles étaient présentés dans différents ordres, sans hiérarchie. Cette arène était avant tout vue comme un vaste espace pouvant être utilisé à loisir : Ainsi la plantation d'arbres, temporairement, permettait aux animaux sauvages de se cacher, on pouvait la remplir entièrement d’eau pour des reconstitutions de batailles navales…

La dernière utilisation du Colisée en tant que lieu de spectacle populaire se déroula en 523. Il y avait trois raisons à son déclin :

  • L'Empire perd de sa puissance, l'argent vient à manquer et le peuple conteste l'organisation de grandes fêtes alors que la vie devient de plus en plus difficile.
  • La seconde raison est l'invasion régulière de l'Italie. La ville est pillée à deux reprises durant le Ve siècle, par les Wisigoths et par les Vandales. Les romains pensent plus à leur sécurité qu'aux plaisirs.
  • Enfin les goûts des romains ont changés. Ils ont besoin d'autres distractions que celles de leurs ancêtres, qu'ils devaient juger arriérés.

C'est donc naturellement que les grandioses spectacles du Colisée furent abandonnés.

A partir du IV° siècle, le Colisée subira des dégradations, volontaires (pillages des matériaux, transformations en habitations/places fortes/manufactures/église/entrepôt, guerres, invasions…) ou accidentelles (tremblements de terre, ensevelissement…) avant de commencer à être protégé et considéré pour son intérêt historique et archéologique à partir du XV° s.

Le Colisée Romain est aujourd'hui le symbole de Rome dans le monde et est considéré comme l'une des Sept Merveilles du Monde, devenant un trésor historique et archéologique qui nous rappelle la grandeur de l'Empire Romain. Selon une estimation du Ministère de la Culture, l'Amphithéâtre Flavien reçoit 6 millions de visiteurs par an et est le monument le plus visité d'Italie.

Vues actuelles du Colisée
Vues actuelles du Colisée
Vues actuelles du Colisée
Vues actuelles du Colisée
Vues actuelles du Colisée
Vues actuelles du Colisée
Vues actuelles du Colisée

Vues actuelles du Colisée

Reconstitutions numériques ou en maquettes du colisée
Reconstitutions numériques ou en maquettes du colisée
Reconstitutions numériques ou en maquettes du colisée
Reconstitutions numériques ou en maquettes du colisée
Reconstitutions numériques ou en maquettes du colisée

Reconstitutions numériques ou en maquettes du colisée

Le Forum Romain

Le Forum Romain était le centre névralgique de la vie publique et religieuse de la Rome Antique. On s'y rassemblait pour traiter de la vie publique, culturelle et économique.

Le Forum est, avec le Colisée, la preuve de la grandeur de l’Empire Romain.

À la fin de l’Empire, le Forum Romain est tombé dans l’oubli et a été enseveli petit à petit. Même si l’on connaissait déjà l’existence et la localisation du Forum au XVIe siècle, ce n’est qu’au XXe siècle que des fouilles ont été lancées.

Petite anecdote : la zone où se trouvait le forum était à l’origine marécageuse. Au VIe siècle av. J.-C., le lieu a été asséché grâce à la construction de la Cloaca maxima, l’un des premiers systèmes d’égout au monde.

Le Forum Romain est un véritable sanctuaire de la Rome Antique, où autrefois étaient érigés les basiliques, les temples, la Curie du Sénat, la Tribune des Orateurs ou la Maison des Vestales. Dans la vallée du Forum Romain se trouve le Mont Palatin, où se trouvent les ruines de la résidence impériale dont la construction a été commencée par Auguste et complétée par ses successeurs.

Le forum était continuellement encombré d'avocats, plaideurs, prêtres et marchands. Depuis la tribune en pierre des Rostres, les hommes politiques pouvaient s'adresser au peuple. Surchargé dès le 1er siècle av. JC, Jules César fit construire un autre forum. D'autres suivront sous l'empire romain à l'instar des forums d’Auguste et de Trajan ...

Outre le grand nombre de temples édifiés au sein du forum (Saturne, Vénus, Romulus, Vesta, etc.), il convient de s’attarder sur les différents points d’intérêt suivants :

  • Via Sacra : Il s’agissait de la rue principale de la Rome Antique, elle reliait la Place du Capitole avec le Colisée.
  • Arc de Titus : Cet arc de triomphe a été construit après la mort de l’empereur Titus, pour célébrer la victoire de Rome sur Jérusalem.
  • Arc de Septime Sévère : Arc érigé en l’an 203 ap. JC pour commémorer le troisième anniversaire de Septime Sévère en tant qu’empereur.
  • Temple d'Antonin et Faustine : Construit au IIe siècle, le temple d’Antonin et Faustine est connu pour être le temple le mieux conservé du Forum romain.
  • Basilique de Maxence et Constantin : Bien qu’elle soit en grande partie démolie, sa taille laisse à penser que la basilique a été l’un des édifices les plus importants du Forum romain.
  • La Curie : Le Sénat se réunissait pour prendre des décisions administratives et relatives au gouvernement de Rome.
  • Colonne de Phocas : Érigée en 608 ap. JC en hommage à l’empereur de Byzance, cette colonne de plus de 13 mètres de haut est l’une des rares colonnes qui soient restées debout depuis leur construction.
Histoire de l'Art 03 : La Rome Antique
Histoire de l'Art 03 : La Rome Antique
Histoire de l'Art 03 : La Rome Antique
Histoire de l'Art 03 : La Rome Antique
Histoire de l'Art 03 : La Rome Antique
Histoire de l'Art 03 : La Rome Antique

Le Circus Maximus

Les cirques romains représentaient les installations ludiques les plus importantes des villes romaines avec les théâtres et les amphithéâtres.

Le Circus Maximus de Rome (Circo Massimo), situé entre les monts Aventin et Palatin, était une immense enceinte qui pouvait accueillir jusqu’à 300 000 spectateurs.  La piste de sable allongée, mesuraient 600 mètres de long et 225 mètres de large, ce qui faisait du Circus Maximus le plus grand cirque de Rome, devant le Cirque Flaminius et le Cirque de Maxence.

Diverses compétitions se déroulaient au Circus Maximus, telles que les courses de chars, durant lesquelles les participants tentaient de réaliser sept tours de pistes. Les coureurs, qui montaient sur des petits chars tirés par des chevaux, jouaient bien plus que le prestige ou les grands prix des courses, puisque beaucoup d’entre eux étaient des esclaves luttant pour gagner leur liberté.

Durant les jeux publics, on pouvait également assister à des spectacles équestres, le plus connu étant  «Ludus Troianus », un simulacre de batailles joué par les jeunes aristocrates romains, ou bien des courses à pied qui duraient plusieurs heures. Toutes les compétitions suscitaient d’importants paris.

Vue actuelle du Circus Maximus

Vue actuelle du Circus Maximus

Reconstitutions numériques du Circus Maximus
Reconstitutions numériques du Circus Maximus

Reconstitutions numériques du Circus Maximus

La Colonne de Trajan

La Colonne de Trajan est haute de 29,78 m. Elle est constituée de 17 grands blocs de marbre : dans le soubassement (de 10m), une porte d'entrée reliée à la Basilique permet d’accéder à l'escalier en escargot, qui est éclairé par d’étroites fentes et menait au sommet de la colonne.

La colonne est à l’origine la tombe de l'empereur : dans une chambrette du soubassement a en effet été conservée l'urne d'or avec les cendres de Trajan.

Sur l’extérieur de la colonne, se déroule une spirale (23 tours pour 200 m de longueur), c'est une narration en bas-reliefs des deux guerres conduites au début du II° ap. JC par Trajan contre les Daces.
Entre les deux guerres, il y a une figure de la Victoire écrite sur un bouclier. Le relief fut exécuté lorsque la colonne avait déjà été élevée, pour tenir compte du point de vue de l'observateur : en effet la largeur des bandes augmente au fur et à mesure que l'on va vers le haut, de sorte que du bas elles apparaissent toutes de même largeur.

Vue globale et détails de la colonne de Trajan.
Vue globale et détails de la colonne de Trajan.
Vue globale et détails de la colonne de Trajan.

Vue globale et détails de la colonne de Trajan.

Le château Saint-Ange (Castel Sant'Angelo), 139 ap JC.

Le château Saint-Ange (Castel Sant’Angelo) était à l'origine le mausolée d'Hadrien. Au IIIe siècle, il fut transformé en forteresse, puis en prison au Moyen Âge. Les fresques et les grotesques de l'intérieur sont magnifiques et la vue sur Rome et le Vatican depuis le château Saint-Ange vraiment splendide. On y accède par un pont piéton orné de dix statues d'ange du Bernin.

Histoire de l'Art 03 : La Rome Antique
Histoire de l'Art 03 : La Rome Antique

Roma / ultimul refugiu

 

Fontaine de Trevi

Fontaine de Trevi

Abandon du Gothique et retour à l'Antique et au Roman.

En Italie, puis dans toute l'Europe, le style de la Renaissance, en s’inspirant de l'Antiquité, a remplacé le style gothique qui avait dominé les derniers siècles du Moyen-Age.

Le gothique avait créé un style esthétique à partir des techniques de construction. Voûte d'ogives, arc brisé, arc-boutant, vitraux et un développement du volume en hauteur en étaient les caractéristiques.

La Renaissance revint à une démarche inverse : le style avant la technique et des principes esthétiques supérieurs : la symétrie, les proportions et le système des ordres.

Brunelleschi et les premiers florentins étudièrent les monuments de l'art roman et les monuments antiques : le Panthéon, le Colisée, les vestiges du forum, les arcs, les thermes, les basiliques...

 

Des nouveaux principes

En revenant au style de l'Antiquité, la Renaissance se soumettait à un certain nombre de règles qui devaient présider à toute création architecturale.

Un plan régulier : tracés rigoureux, façades rectilignes, raccords à angle droit (les angles obtus ou aigus furent proscrits).

La symétrie : similitude entre les deux moitiés d'un bâtiment par rapport à son axe.

Les proportions (rapport entre les dimensions) fut un des soucis prédominants de la Renaissance : toutes les dimensions d'un bâtiment devaient être harmonieuses. 

 

Un nouveau langage

La Renaissance en architecture s'exprime par des formes nouvelles tirées de l'art antique (colonne, coupole, dôme, voûte, ornements).

Les ordres, définis par les Grecs, à la fois système de proportion et langage décoratif, sont le fondement de l’architecture de la Renaissance : le dorique (rez-de-chaussée), le ionique (1er étage) et le corinthien (2nd étage) ; les Romains leur avaient ajouté deux variantes : le toscan (variante du dorique) et le composite (mélange d'ionique et de corinthien). En 1514, Bramante donna au palais du Vatican le premier exemple d'une superposition correcte des trois ordres fondamentaux.

 

Les nouveaux types de construction

Les programmes de construction de la Renaissance ne différaient guère de ceux du Moyen-Age : il s'agissait avant tout de construire des églises et des palais. L'Italie en ajouta deux : la maison de campagne ou villa, et la place publique.

 

Un nouveau métier

Depuis l'Antiquité et jusqu'au Moyen-Age, on ne voyait dans le constructeur qu'un maître maçon ou un charpentier - ce qu'il était de par sa formation.

En lui demandant des projets plus élaborés et une culture savante, la Renaissance lui rendit son nom grec d'architecte et le considéra comme un artiste. l'architecture n'était plus seulement un corps de connaissances pratiques, elle devenait une science, elle requérait la maîtrise de disciplines multiples : dessin, perspective, géométrie, mathématiques...

Un art savant suppose une culture et des écrits pour la transmettre. L'Antiquité n'avait laissé qu'un seul traité d'architecture, celui de Vitruve traduit en italien pour la première fois en 1521.

Les architectes de la Renaissance multiplièrent les traités, et l'imprimerie en assura la diffusion.

 

Vue de la Piazza Navona au XVI°s

Vue de la Piazza Navona au XVI°s

Les ordres architecturaux

Les ordres architecturaux

Basilique Sant'Agostino, 1483

Basilique Sant'Agostino, 1483

Fontaine de Neptune et Piazza Navona, XVI° et vue de l'ancien stade de Domitien (1er s)
Fontaine de Neptune et Piazza Navona, XVI° et vue de l'ancien stade de Domitien (1er s)
Fontaine de Neptune et Piazza Navona, XVI° et vue de l'ancien stade de Domitien (1er s)

Fontaine de Neptune et Piazza Navona, XVI° et vue de l'ancien stade de Domitien (1er s)

Basilique Saint Pierre de Rome, XVI°s

Basilique Saint Pierre de Rome, XVI°s

Palais Farnese, 1545

Palais Farnese, 1545

Fontaine de Trévi, vers 1762
Fontaine de Trévi, vers 1762
Fontaine de Trévi, vers 1762

Fontaine de Trévi, vers 1762


https://leblogdemonsieurgeney.over-blog.com/2020/01/la-rome-de-la-renaissance.html

miercuri, 21 octombrie 2020

Sac de Rome (1527)

 

Sac de Rome (1527)

Sac de Rome
Description de cette image, également commentée ci-après
Le Sac de Rome, peinture de Johannes Lingelbach.
Informations générales
Date
LieuRome (Flag of the Papal States (pre 1808).svg États pontificaux)
IssueVictoire impériale
Belligérants
Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Drapeau de l'Espagne Monarchie espagnole
Flag of the Papal States (pre 1808).svg États pontificaux
Commandants
Charles III de Bourbon †Clément VII
Forces en présence
35 0005 000
Pertes
InconnuesMilliers

Septième guerre d'Italie


Le sac de Rome est un événement militaire qui s'est produit le . Il est l'œuvre de troupes espagnolesitaliennes, ainsi que de lansquenets luthériens au service de l'empereur Charles Quint, commandées par Charles III de Bourbon. C'est un épisode de la septième guerre d'Italie.

Histoire

Contexte

Charles Quint (portrait de Christoph Amberger, 1532).

Cet événement s'inscrit dans le cadre des guerres d'Italie, conflits pour la suprématie en Europe entre les Habsbourg et les Valois, entre Charles Quint, empereur du Saint-Empire romain germanique et roi d'Espagne et François Ierroi de France ; plus précisément, il s'inscrit dans la septième guerre d'Italie, qui voit s'affronter les deux souverains de 1526 à 1529.

La sixième guerre d'Italie s'est conclue par la défaite de François Ier à Pavie et la signature du traité de Madrid en janvier 1526 et par lequel le roi François Ier, prisonnier, doit renoncer à toutes ses prétentions sur l'Italie, à certaines places fortes de la Picardie et restituer le duché de Bourgogne aux Habsbourg1.

Au mois de mai suivant, le pape Clément VII (Jules de Médicis), jouant sur le désir de revanche de François Ier qui a dû signer un traité contenant des clauses extrêmement sévères pour la France, se fait le promoteur d'une ligue anti-impériale appelée la sainte ligue de Cognac conclue à Cognac le 1.

Le pape Clément partage le ressentiment du roi de France envers Charles Quint. Il craint, par expérience de la politique impériale des siècles précédents, qu'une fois l'Italie septentrionale en la possession de l'empereur et ayant déjà en main l'entière Italie méridionale par l'héritage espagnol, celui-ci n'unifie les États de la péninsule sous un unique sceptre au détriment de l'État pontifical qui risque de disparaître complètement.

La Ligue se compose en plus du pape et du roi de France, du duché de Milan, de la république de Venise, de la république de Gênes ainsi que la Florence des Médicis.

L'Empereur tente sans succès de reconquérir l'alliance du pape avec l'intention de contrôler momentanément l'Italie septentrionale. C'est pourquoi il décide d'intervenir militairement. Dans l'incapacité d'agir personnellement en raison des troubles internes contre les luthériens et externes avec l'Empire ottoman qui se manifeste aux portes orientales de l'empire, il fait en sorte de déchaîner contre l'État pontifical la puissante famille romaine des Colonna, depuis toujours ennemie de la famille Médicis2.

La révolte des Colonna produit ses effets. Le cardinal Pompeo Colonna lâche dans la ville pontificale ses soldats, qui la saccagent le 3. Clément VII, assiégé dans Rome, est obligé de demander l'aide de l'Empereur avec la promesse en échange de quitter l'alliance avec le roi de France, rompant ainsi la ligue de Cognac. Pompeo Colonna se retire à Naples. Clément VII, une fois libre de pouvoir décider du meilleur parti pour l'État pontifical, rompt le traité signé sous la contrainte et appelle à son aide l'unique puissance qui peut sérieusement le défendre, François Ier.

Dans cette situation, l'Empereur décide d'une intervention armée contre l'État pontifical et dépêche un contingent de lansquenets sous les ordres du duc Charles III de Bourbon. Les troupes en campagne (12 à 15 000 hommes) sont commandées par le général Georg von Frundsberg3 mais ce dernier, malade, ne peut mener à bien sa mission et rentre en Allemagne ; il laisse le commandement aux mains de Charles.

Faits

Représentation de la mort de Charles de Bourbon et du sac de Rome.


5 000 soldats défendent la ville de Rome mais ils bénéficient de solides remparts et d'
artillerie dont les assiégeants sont dépourvus. Charles doit prendre la ville rapidement pour éviter d'être piégé à son tour par l'armée de la Ligue, mais, le 6 mai, il est blessé à mort d'un coup d'arquebuse4 (Benvenuto Cellini raconte dans ses mémoires être le tireur, d'autres évoquent un prêtre dénommé Brantôme5) ce qui fait disparaître toute retenue chez les soldats qui s'emparent facilement de la ville.Le duc part d'Arezzo le , à la tête de 35 000 soldats, profitant de la situation précaire dans laquelle se trouvent les Vénitiens et leurs alliés en raison de l'insurrection de Florence contre les Médicis.

Les troupes impériales, au service de Charles Quint, ne sont pas seulement composées de lansquenets. Ceux-ci sont quatorze ou quinze mille auxquels s'ajoutent six mille Espagnols du marquis del Vasto et d’Antonio de Leiva, quatre à cinq mille Italiens commandés par Fabrizio MaramaldoSciarra Colonna et Ferdinand de GonzaguePhilibert de Chalonprince d'Orange, est à la tête des chevau-légers.

Les Impériaux s'emparent du Borgo dans le Vatican. Grâce à la résistance et au sacrifice des gardes pontificaux, le pape Clément VII réussit à se réfugier dans le château Saint-Ange en empruntant le passetto, ce chemin couvert construit par un de ses prédécesseurs à la fin du xiiie siècle6, et réaménagé sous Alexandre VI et Léon X. Les troupes impériales s'emparent ensuite du quartier du Trastevere, d'où elles franchissent le Tibre pour entrer dans Rome.

Le saccage de la ville commence le lendemain. On dénombre des milliers de victimes, des dommages incalculables sur le patrimoine artistique ; les travaux de la construction de la basilique Saint-Pierre sont interrompus et repris seulement en 1534 avec le pape Paul III.

Un recensement effectué avant le sac dénombrait environ 55 000 habitants à Rome7. Fin 1527, le chiffre de la population est divisé par cinq. À la dévastation a en effet succédé la peste en raison des cadavres que personne n'a enterrés. Plus de la moitié des soldats impériaux meurent8. Rome est définitivement évacuée en février 1528.

Le pape reste six mois dans le château Saint-Ange, jusqu'au moment où il signe une capitulation avec le prince d'Orange et les chefs des troupes impériales. Il quitte clandestinement le château Saint-Ange pour Orvieto, début décembre2.

Causes du massacre et du saccage

Sac de Rome, Francisco J. Amérigo, 1884
Sac de Rome, Francisco J. Amérigo, 1884.

Les raisons qui conduisent les mercenaires allemands, espagnols et les bandes italiennes à s'adonner à un saccage aussi long (presque un an) sont diverses. En ces temps, les soldats sont payés tous les cinq jours : lorsque le commandant ne dispose pas de l'argent suffisant pour la rétribution des soldats, il autorise la mise à sac de la ville qui ne dure pas, en général, plus d'une journée, le temps suffisant pour que la troupe prélève son butin2.

Dans ce cas, les lansquenets, non seulement sont restés sans paie mais ils ne disposent même plus de leur commandant, Frundsberg, et Charles de Bourbon est mort durant l'assaut. De plus, la majeure partie d'entre eux, luthériens, nourrissent une haine contre le pape2.

Sans commandants, bien que Philibert de Chalon ait été reconnu comme chef de l'ensemble des troupes allemandes et espagnoles, il fut facile à la soldatesque de s'adonner au saccage.

L'Empereur, alors à Valladolid, célébrait la naissance de son premier enfant et héritier — le futur Philippe II d'Espagne né le 21 mai 1527. Ayant appris la tragédie commise par ses troupes, il mit fin aux festivités et se réfugia dès lors dans la prière.


Bibliographie

Sources anciennes

  • La relation la plus connue du sac de Rome est due à Jacques Bonaparte (Jacopo Buonaparte), « témoin oculaire », traduite en français par L.N.B. (Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III), publiée à Florence en 1830 [lire en ligne [archive]]
  • (it)Francesco GuicciardiniStoria d'Italia. Pour le sac de Rome et la prison du pape, voir livre 18, chapitres 8 à 14.

Recherche

  • (en) Judith HookThe Sack of Rome: 1527, Palgrave MacMillan,  (ISBN 9780230628779lire en ligne [archive])
  • Augustin Redondo, Le Discours sur le sac de Rome de 1527. Pouvoir et littérature. Études réunies et présentées par Augustin Redondo, Paris, Presse de la Sorbonne nouvelle, 1999
  • André ChastelLe Sac de Rome, 1527 : du premier maniérisme à la Contre-réforme, Gallimard, 1984.
  • Fabienne Coudin, Frédéric Bidouze, Le sac de Rome, 6 mai 1527. "... Les Lansquenets ont fait courir le Pape...". Itinéraire historique, Pau, Périégète, 2012.

============================================================